Last Train @ La Laiterie (Strasbourg), 20/12/19

Last Train @ La Laiterie (Strasbourg), 20/12/19

Last Train sur ses terres pour sa dernière date de 2019. L’affiche avait de l’allure avec Bandit Bandit en ouverture et sur scène dès… un trop précoce 20 heures (un vendredi soir !). Autant dire qu’à 4 jours de Noël, avec une circulation strasbourgeoise dense, l’habituelle chasse à la place de parking autour de la Laiterie et un concert sold out, il aurait fallu… que je parte plus tôt pour ne pas rater à peu près tout le set de Bandit Bandit. Shame on me, vu que le peu de la performance entrevue m’a bien plu. Pas tous les jours que des groupes rock frenchies pratiquent leur art dans la langue de Molière en plus. A revoir… 21h00 précises (on est ponctuel à La Laiterie, ça fait peur), bière de Noël à peine sirotée, Last Train déboule sur scène. Troisième rencontre avec eux pour ma part mais première en salle d’où une grosse attente et excitation non dissimulée. On parle quand même d’un groupe de ma région qui peut prétendre à une place sur le podium très officieux de meilleur groupe rock français en activité. Assertion totalement gratuite et scandaleusement subjective ok. Mais The Big Picture, leur deuxième album, a quand même marqué la scène rock hexagonale en 2019. Et l’aura du groupe, sorte de « dream come true » de copains qui montent leur band puis se propulsent jusque sur les scènes internationales au gré de centaines de dates en à peine quelques années a de quoi faire fondre le cœur endurci de n’importe quel indie rock critique sceptique. En terre promise, le groupe a démarré tambour battant avec une doublette puissante et imparable : l’impeccable « All Alone », toutes guitares dehors et le tubesque « Way Out » qui a fait monter la température très vite dans les premiers rangs totalement acquis à la cause des alsaciens. Le groupe a choisi une setlist en montagnes russes alternant titres enragés et plages plus contemplatives proches du post-rock comme sur un « On Our Knees » où le silence quasi religieux de La Laiterie avait de quoi foutre le frisson. Quel titre ! Beau travail sur les lights au passage avec de belles ambiances en clair-obscur sur les passages instrumentaux paisibles. Le groupe a de la bouteille (plus de 400 dates au compteur) et leur complicité est visible. Des titres classiques comme « House On The Moon » ou « Fire » ont retourné la Laiterie. On est pourtant pas loin d’un post-rock assez lent qui peut rebuter les non-initiés. Mais la patte mélodique du groupe, le chant assuré de Jean-Noel Scherrer et la capacité du groupe a « électrifier » cette belle mélancolie a fait fondre le...

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Idles – A Beautiful Thing: Idles Live at Le Bataclan

Idles – A Beautiful Thing: Idles Live at Le Bataclan

(Partisan, 6 Décembre 2019) Comme pour le chasseur, il y a le bon et le mauvais groupe de rock. Pour le mauvais, je vous laisse le soin d’apposer le nom qui convient derrière cette sentence gratuite. Le bon groupe de rock, lui, réussit à transcender sur scène ses compos, à embarquer son public avec énergie et envie pour parfois l’emmener vers l’instant de grâce. Bon on va pas se mentir. De grâce, il ne sera pas trop question sur ce live brut de décoffrage des anglais de Idles capté au Bataclan le 3 décembre 2018. Quand on appelle un de ces albums Brutalism, et qu’on pratique un (post)-punk assez furieux, c’est plutôt de sueur dont il sera question. Si l’on peut déplorer le manque de subtilité de leur musique, un poil braillarde à mon goût, et moins élégante que leurs voisins dublinois (Fontaines D.C., The Murder Capital), ce live rend bien justice à ce qu’est Idles sur scène. Un groupe de petites frappes, qui te vomit un punk joué pied au plancher, idéal pour enflammer les fosses et déclencher moult pogos et autres slams. C’est ce que j’avais observé sur la scène du chapiteau des Eurocks l’été dernier. Le chanteur, Joe Talbot, avec son look de repris de justice à peine sorti de taule, impressionne par sa présence physique, et sa voix rauque poussée à la limite. Les guitaristes montés sur ressort n’hésitaient pas à slammer au milieu de la fosse. On ne s’économisait pas ! Avec 19 titres, bien répartis entre leurs 2 albums (Brutalism et Joy As An Act Of Resistance), ce live ne convaincra toujours pas les réfractaires au punk binaire de 3 minutes joué à cent à l’heure (les pas oufs « Television », « Great Live », « Gram Rock »). Bon, c’est pas du punk à roulettes non plus et quelques titres aux intonations « pop » lorgneraient presque vers les Pixies (les refrains de « Danny Nedelko », « Samaritans », le riff distordu de « l’m Scum ») ! Reste un son puissant, sale, la basse bien en avant, des guitares parfois aventureuses (le riff addictif de « Never Fight A Man With A Perm », « 1049 Gotho », « Love Song » et son « lalalala » jouissif, «White Privilege », « Benzocaine »). Dès que le rythme ralentit ou les compos s’allongent, c’est ainsi bien plus convaincant comme sur l’inaugural et énorme « Colossus », « Divide Conquer », « Exeter » où le groupe fait chanter des spectateurs, « Cry To Me »… Ou les 10 minutes finales et furieuses de « l’anti-fascist song » « Rottweiller ». Le groupe mouille la chemise, le public est bouillant...

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Emily Jane White – Immanent Fire

Emily Jane White – Immanent Fire

(Talitres, 15 Novembre 2019) Exercice délicat que celui de la chronique. Sans cesse tiraillé entre l’objectivité que requiert l’exercice, et la subjectivité forcément présente quand on est face au travail d’un artiste avec lequel on a un vécu. Pour cet album d’Emily Jane White, le nommé Immanent Fire, à l’artwork sombre et soigné, place aux territoire inconnus. Première découverte avec l’œuvre de la californienne pour ma part… et très belle surprise ! La bio de l’artiste indique une veine folk et des thématiques sombres liées à la problématique climatique. Pas si évident pour un artiste aujourd’hui de s’attaquer à un sujet aussi majeur. L’initiative est à saluer et le résultat est à la hauteur. J’avoue un (gros) faible pour les voix féminines et je dois dire que la voix aérienne et parfois inquiète d’Emily Jane White a fait son petit effet au long des 10 titres de l’album. Dès l’inaugural « Surrender », ses arpèges lointains et délicats, ses arrangements subtils, la voix de la californienne fait des merveilles. Non sans rappeler Mazzy Star, pour ce même goût pour une musique acoustique crépusculaire. Le son se fait ensuite plus ample sur le court mais excellent « Drowned », aux arrangements de cordes élégants. Et plus inquiétant sur « Infernal », comme un orage électrique prêt à éclater sur une pluie de cordes. Superbe numéro vocal au passage. On atteint l’intensité d’une PJ Harvey sur ses derniers disques. Ça situe un peu le niveau et laisse estomaqué. Comme ce « Dew » sublime, à la sobriété délicate. Une voix, un piano. Ça me rappelle que le dernier Shannon Wright m’attend toujours. Le disque ne se cantonne pas au folk acoustique et les arrangements sont suffisamment riches (piano, cordes…) pour offrir une belle variété à l’ensemble (le court mais réussi « Entity », tout en cordes). C’est subtil, élégant (« Washed Away » aux lyrics superbes), parfois chargé d’une sourde tension (le sublime « Metamorphosis » aux belles envolées de guitares électriques ou le premier single « Light » à la batterie puissante). La pluie tombe même sur « Shroud », et le piano inquiétant n’annonce pas de beaux jours ensoleillés. À l’image des titres de certains morceaux (« Drowned », « Washed Away »…), ça sent même plutôt le déluge. Et on est presque prêt à prendre place à bord de l’arche sur « The Gates At The End », ultime joyau où la californienne achève de nous convaincre de l’urgence. Joie immense que l’exercice de la chronique. Parti à l’aventure d’un disque inconnu, nous voilà revenu avec un petit trésor au détour d’un beau voyage. Emily Jane White signe un album qui fera date. En 2019 déjà. Et sûrement...

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The Murder Capital @ La Poudrière (Belfort), 09/11/19

The Murder Capital @ La Poudrière (Belfort), 09/11/19

Rassurez-vous le concert était de meilleure qualité que cette photo Rendez-vous était pris ce samedi 9 novembre à la Poudrière de Belfort pour assister à la présentation par The Murder Capital de son excellent premier album, When I Have Fears. Grosse attente et grosse interrogation aussi sur le potentiel live d’un groupe qui aura déjà marqué l’année 2019 outre-Manche. En guise d’entrée, place aux (quasi) locaux de Kamarad, venus en voisins de Colmar avec quelques fans. Rock noisy efficace flirtant avec le post-punk. Le groupe mouille la chemise avec une bonne humeur communicative. À suivre. Curieux de nature, je photographie la setlist de The Murder Capital, visible sur scène après le concert de Kamarad. Erreur stratégique ! Je constate non sans surprise qu’il n’y a que 9 titres, soit 2 de moins que les colmariens ! Je pressens déjà la déception d’autant que les 9 titres constituent ni plus ni moins l’album (moins « How The Streets Adore Me Now ») dans un ordre qui, heureusement, va considérablement relever la note artistique de ce live. Concert en crescendo divisé en trois triptyques. Entrée crépusculaire avec la doublette quasi instrumentale « Slow Dance I » – « Slow Dance II ». Idéal pour installer l’ambiance. Entre tension sourde et mélancolie poignante. Premier grand moment avec « On Twisted Ground », annoncé par James McGovern, le chanteur du quintet dublinois, à la mémoire des amis disparus. Malgré un début de morceau saboté par quelques spectateurs pas au courant de ce qui se jouait sur scène, le groupe réussit à installer un silence de cathédrale au cours des 6 minutes qui résonnent comme une oraison funèbre. Assez sublime. The Murder Capital va alors monter le curseur d’un cran niveau intensité physique. D’abord avec l’excellent « Love, Love, Love » puis l’imparable duo « Green And Blue » et « For Everything » où James McGovern enfile le costume du chanteur habité. A l’émotion du premier trio de titres, succède une tension remarquablement contenue. Mais l’orage gronde et la dernière triplette de titres va achever de nous convaincre sur les qualités du groupe. Le quintet lâche les chevaux et après l’émotion, c’est cette fois-ci la puissance sonique pure qui s’exprime. « Don’t Cling To Life », le tubesque et furieux « More Is Less » et une version légèrement rallongée de « Feeling Fades » lors de laquelle James McGovern va mettre le public à genoux au sens propre comme au figuré, lui demandant de s’accroupir avant un ultime assaut et un pogo final. En confiance, le chanteur claque un slam, avec un saut dans le public assez impressionnant ! Il a dû faire du saut en hauteur le bougre. Ultime moment sympa,...

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PLAYLIST – Spleen automnal

PLAYLIST – Spleen automnal

Les sanglots longs des violons blessent mon cœur d’une langueur monotone, comme disait le poète.Quand vient l’automne, que le spleen surgit au détour d’une soirée de novembre pluvieuse… Hop, une petite bûche dans la cheminée et ces quelques compagnons de route pour attendre le retour des beaux...

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