Interview et live report – The Lords Of Altamont

Interview et live report – The Lords Of Altamont

Seulement quelques mois après la fin de leur dernière tournée européenne, les Lords of Altamont sont de retour en ville avec une dizaine de dates en France et deux petites incursions en Belgique et en Suisse. Après avoir enflammé la charmante bourgade d’Hérouville Saint-Clair, ils étaient en visite à La Pêche Café de Montreuil le 16 octobre pour un live sponsorisé par la mairie (gratuit pour les moins de 5 ans, c’est à noter). L’occasion de revenir avec Jake « The Preacher » Cavaliere (chanteur,organiste et âme du groupe), Dani Sin (guitariste, une tournée avec les Lords à son actif) et Maarten (tout nouveau batteur, qui officie habituellement avec les Shaking Godspeed) sur leur petit dernier (le très réussi The Lords Take Altamont), l’esprit du groupe, et leur avenir.   Vous étiez déjà en tournée ici entre la fin du printemps dernier et le début de l’été et vous voilà déjà de retour. Il y a quelque chose de spécial qui se passe entre l’Europe et les Lords ? Jake : En fait, ça a vraiment commencé avec Fargo Records. Ils sont ici à Paris et donc nous ont fait une grosse promo en France. J’ai aussi l’impression que les francophones aiment beaucoup les Lords, on se sent très soutenus ici. Ce rapport à l’Europe, ça a vraiment commencé en Espagne en 2003. Ensuite Michel de Fargo Records [Michel Pampelune, le fondateur du label, ndlr] nous a vus en live au SXSW et nous a dit « je vous veux sur mon label ». Il nous a organisé deux tournées en France avec une grosse promo autour et je pense que c’est vraiment là que ça a débuté. Et ça nous plaît vraiment. On peut parler d’un lien spécial avec la France ? Jake : Je sais pas, on est peut-être les Johnny Hallyday du garage en France, ou les David Hasselhoff en Allemagne… ! Plus sérieusement, ça se passe comme ça en France, en Belgique, en Suisse… dans tous les pays francophones. Ça reste cool partout, mais c’est vrai qu’ici vous êtes particulièrement réceptifs. En fait, on a commencé à pas mal marcher ici assez rapidement.  Donc on revient tout le temps. On est peut-être cupides, un peu comme des rats qui s’accrochent à la vie ! Ce soir vous êtes à Montreuil, dans quelques jours vous serez à Paris avec un public qui sera certainement assez similaire. Comment on prépare une setlist dans ces conditions ? Jake : On joue tout ce qu’on sait jouer ! On en est maintenant à cinq albums, donc c’est pas évident de faire un choix. Mais c’est une bonne chose. Après, on sait quels sont les albums qui ont reçus le plus de promo dans tel ou tel pays. On sait qu’ici Fargo...

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The Richmond Sluts – The Richmond Sluts (Disaster)

The Richmond Sluts – The Richmond Sluts  (Disaster)

Quand en 2014 on apprend que les Richmond Sluts se lancent dans une tournée européenne, on a dans un premier temps l’impression d’un hoax destiné à remuer le couteau dans la plaie. Puis après quelques vérifications on s’aperçoit que plusieurs sites ont déjà mis en vente des places et que le groupe lui-même a communiqué sur sa page Facebook. La nouvelle a en effet de quoi surprendre. Nos amis les Sluts ont sorti un album en 2001, puis plus rien, excepté un maigre mais excellent 45 tours (Sweet Something, jetez vous dessus). Séparation, reformation par certains d’entre eux d’un autre groupe sympathique mais anecdotique (Big Midnight) et plus de 10 ans à se repasser 4 fois par semaine leur album éponyme en se disant que le monde est mal fait. Vraiment très mal fait. Car ces 5 Californiens (Richmond est un quartier de San Francisco) avaient strictement tout compris. Au point de parvenir à faire l’un des meilleurs albums de rock and roll de la décennie, voire des 30 dernières années. Il vient s’insérer parfaitement dans votre collection de disques, entre L.AM.F (Johnny Thunders & The Heartbreakers) et Raw Power (Iggy & The Stooges). Rien de moins. 11 morceaux parfaits, qui suintent le rock and roll, le sexe, l’ennui, la défonce et l’outrance. 11 petites bombes prêtes à exploser qui donnent envie de dire « non mais plus sérieusement, je crois que c’est celle-ci ma préférée » après l’écoute de chacune d’entre elles. Et c’est assez rare pour être souligné. Tout est bon chez ces filles aux mœurs légères : le chant de sauvageon de Shea Roberts, le Farfisa apportant sa petite touche sucrée, les deux grattes très “thundersiennes”, et la solide section rythmique avec une mention toute spéciale pour l’excellent bassiste Chris Beltran qui soutient l’ensemble de bout en bout. Dès les premières secondes de l’album, “Take Me Home” fait comprendre que l’on a sur la platine quelque chose de – malheureusement – pas commun. Et l’énergique “Service For The Sick” (“I feel alright / I wanna die !“) prouve que l’on ne s’est pas trompé. Ces messieurs  nous viennent de Californie mais le curseur tend plutôt vers NYC et ses légendes, Johnny Thunders en tête. Plus loin, les brûlots aux accents glam “Junky Queen” ou “City Girls” suffiraient à rendre n’importe quel album digne d’intérêt. “Paddy Wagon” avec ses chœurs féminins tout en tension sexuelle ravive ce qu’il y avait de meilleur chez les New York Dolls (ne parlons pas de leur reformation, d’accord ?), là où le boogie halluciné de “Thought I Was Dead” démontre que les Sluts maîtrisent également les plus classiques des classiques. Citons enfin le killer track, le hit international jamais reconnu : “Drive Me Wild”. De son riff...

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The Lords Of Altamont – To Hell With The Lords Of Altamont (Sympathy For The Records Industry/Fargo )

The Lords Of Altamont – To Hell With The Lords Of Altamont (Sympathy For The Records Industry/Fargo )

2002 et le retour du rock. Le monde se dodeline sur « Seven Nation Army », loue la sophistication des Strokes ou encense l’énergie des Hives. Mais dans sa presque globalité, il ignore quatre larrons venus de la torpeur de la Californie, les Lords Of Altamont. Resituons tout d’abord ce qu’est Altamont  et ce que ça représente. Altamont n’est pas une ville, c’est un circuit automobile situé dans le nord de la Californie. Fermé en 2008, le lieu est resté célèbre pour les amateurs de NASCAR mais également de rock and roll. S’y est en effet tenu en 1969 le Altamont Speedway Free Festival. Organisé par les Rolling Stones et gratuit, l’événement se voulait être le Woodstock de la Côte Ouest et réunit les Stones donc, mais aussi Jefferson Airplane, Santana ou autres Flying Burrito Brothers. Ce petit monde demande aux Hell’s Angels locaux d’assurer la sécurité  des 300.000 personnes présentes, ce qui se révéla être un fiasco total au milieu du déchaînement de soleil, d’alcool et de drogues de ce samedi 6 décembre. Le tristement célèbre point d’orgue du festival arrivera avec l’assassinat au couteau par les Hell’s d’un spectateur black à quelques mètres de la scène durant le show des Stones. Chaude ambiance… Fort de cette référence, le groupe s’inscrit justement dans cette esthétique très bikers kitsch avec de larges références aux films d’exploitation de cette époque. Motos, crânes, chaînes, éclairs, tatouages et danseuses chichement vêtues (leurs shows sont accompagnés de la délicieuse go-go dancer Moana Santana, avis aux amateurs) participent à la très forte imagerie qui entoure les Lords. Le cœur du groupe, au line-up très évolutif, bat en la personne de son frontman, Jake « The Preacher » Cavaliere. Déjà tout un programme. Le garçon propose un CV long comme une route dans le désert. Membre des Fuzztones, Witch Doctors, Morlocks ou autres Bomboras, le Prédicateur est également tatoueur et réparateur d’orgues. Son chant sauvage et racé est justement accompagné de ses performances au Farfisa (quand il ne monte pas dessus pour voir le public de plus haut). Et c’est en partie ce qui fait la force des Lords Of Altamont, combiner ces mélodies terriblement pop venues du garage 60’s, on pense aux Sonics ou aux 13th Floor Elevators, à la déferlante sonique des 70’s, l’école de Detroit (MC5, Stooges…), les Cramps ou les Dead Boys en tête. Ces deux principales influences se retrouvent tout au long de To Hell With The Lords Of Altamont. La batterie frappe dans un beat toujours impeccable, les guitares cisaillent et font hurler l’overdrive et la fuzz, la basse tient le tout dans des lignes simples mais efficaces avec une prod’ aux petits oignons. Cette chevauchée sauvage de décibels ne tombe pas dans...

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