Kurt Vile – Bottle It In

Kurt Vile – Bottle It In

Si quelqu’un avait des doutes quant à l’inspiration de Kurt Vile, celui-ci vient de les dissiper d’un coup d’un seul. Après une parenthèse (guère transcendante) avec Courtney Barnett, avec qui il partage un goût pour la décontraction à toute épreuve, le voilà qui dégaine un album long de près d’1h20 ! On va essayer de faire plus concis que lui… Après l’inaugural “Loading Zones” (qui évoque le “Pretty Pimpin” de l’album précédent, en moins efficace tout de même), Kurt se lâche et nous dévoile une à une toutes ses facettes. L’une de nos préférées : l’admirateur de Neil Young, quand il s’embarque dans de longues virées instrumentales dans les grands espaces. On retrouve là le Kurt Vile de Wakin On A Pretty Daze et il est séduisant (à l’image de “Bassackwards”, l’un des 3 morceaux de 10 minutes – 10, oui ! -, d’une quiétude absolue dont on se délecte sans modération). On est moins convaincu par ses tentatives inattendues comme le country/pop “One Trick Ponies” totalement insouciant avec ses chœurs enflammés ou par ce “Rollin With The Flow” frisant la mièvrerie. Et le “Check Baby” qui suit (8 minutes au compteur), assez quelconque, ne nous excite guère plus. Après tout, y a pas de mal à se faire plaisir mais ces trois morceaux à la suite brisent un peu l’élan. D’autant qu’en dehors de ça, on ne jettera rien aux orties et surtout pas ces très touchantes ballades mélancoliques (“Mutinies” avec Kim Gordon à la gratte, “Cold Was The Wind” et le bruit de la pluie contre la fenêtre et surtout la raffinée “Bottle It In” soulignée par de délicates notes de harpes) qui changent du branleur séducteur qu’on connait bien… mais qui fait toujours mouche (“Hysteria” où Kurt nous cause d’hystérie sans jamais se départir de son ton aussi relax qu’un panda émergeant de sa sieste ou quand il ressort son bon vieux banjo sur “Come Again”). Kurt Vile conclut par une “Skinny Mimi”, dédiée à sa chère et tendre (« you might want to roll her up in a ball and eat her in a sandwich but it’s mine, man »), calant même un solo bluesy pour la faire fondre, et nous avec. Voici donc un album très personnel et très varié, résumant parfaitement la carrière du bonhomme (sept albums solos, ça commence à faire). Trop long diront certains mais il faut croire que le slacker est bosseur et en nous proposant 1h de grande qualité sur 1h20 de disque, on aura du mal à lui en vouloir. Jonathan Lopez...

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Zenzile Meets Jay Ree – 5+1

Zenzile Meets Jay Ree – 5+1

Ressortons le dico page 137 si vous le voulez bien. Dub : version reggae instrumentale se distinguant généralement par une session rythmique proéminente et l’utilisation fréquente de nombreux effets (delay, reverb notamment). Si Zenzile a participé à l’apprentissage de cette définition pour nous, pauvres Français, ignorants des pionniers King Tubby, Lee Perry et compagnie, il nous a également vite rappelé que dub pouvait (devait ?) rimer avec expérimentation, recherche sonore et mélange des genres. Ils ont donc pioché allègrement dans (liste non exhaustive) le punk, la new wave, le post rock, le kraut, la soul, le trip hop sans jamais craindre de se frotter au hip hop ou à l’électro. Ne jamais cloisonner son dub et il vous le rendra bien. Depuis plus de 20 ans donc, Zenzile nous en fout plein les oreilles sans jamais qu’on sache comment il va nous cuisiner. Cette fois, pas de mystère : retour aux bases. Aux bases du son qu’il a développé initialement et même de sa discographie en donnant une suite à ses fameux 5+1. Pour 5 musiciens et 1 chanteur. L’heureux élu se nomme ici Jay Ree, qui avait déjà donné le change sur Electric Soul, il y a six ans de cela. Quand à la tracklist, on perpétue l’histoire du dub avec les fameux 45 tours reggae, suivis de leur version instrumentale. En voici 5 de chaque. Et devinez quoi ? Ils sont tous bons. Ok, on devient prévisible mais en même temps on a du mal à être déçus par ces gens-là. Comment être déçu par une telle entame déjà ? Une mélodie vocale implacable, une basse qui fait trembler les enceintes, le skank se met en route, le cerveau se connecte. Il ne s’en échappera plus. Difficile de ne pas faire le lien entre ce “4000 Years” et le mythique “400 Years” de la doublette Marley/Tosh, près de 50 ans plus tôt. Il ne lui fait certainement pas injure en tout cas. Sur “Stay Close To Me” ce merveilleux saxo qui a le don de nous faire frissonner en live nous embarque d’entrée. Jay Ree signe encore une fois une prestation de haut vol. Et on vole avec lui, très haut pour atterrir en douceur sur une version dub aux petits oignons. Jay Ree sait également se la jouer gouailleur à la façon des grands DJ* à la U-Roy avant de faire parler la clarté de son timbre quand il est question d’enrober l’affaire au moment du refrain (ça s’appelle “So Good So Far” et c’est difficile à contredire). En fin d’album, Zenzile s’échappe quelque peu des traditions le temps d’une “Disconnected” (et son jumeau “Dub Connected”) captivante et planante à souhait, reposant sur un beat électro minimal,...

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Night Beats revient en janvier, single en écoute

Night Beats revient en janvier, single en écoute

Mine de rien, cela fait déjà près de trois ans que l’excellent Who Sold My Generation est sorti et voilà que Night Beats nous annonce son successeur, Myth Of A Man, à paraitre le 18 janvier prochain chez Heavenly Recordings. Un album que l’on nous promet plus apaisé et cela semble crédible à l’écoute du premier single tout tranquille “Her Cold Cold Heart” en écoute ci-dessous. La tracklist de l’album : 1.   Her Cold Cold Heart 2.   One Thing 3.   Stand With Me 4.   There She Goes 5.  (Am I Just) Wasting My Time 6.   Eyes On Me 7.   Let Me Guess 8.   Footprints 9.   I Wonder 10. Too Young to Pray Pour fêter cette sortie, Night Beats se produira à Petit Bain (Paris) le 14 février prochain.   LIRE L’INTERVIEW DE NIGHT...

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Birth Of Joy, c’est fini

Birth Of Joy, c’est fini

  This is the end. C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons que les hollandais de Birth Of Joy se séparent après 13 ans de carrière et cinq albums dont le dernier, Hyper Focus, sorti en début d’année. Ce groupe mêlant blues et hard psychédélique marqué par les années 70 avait une valeur sentimentale à nos yeux puisqu’ils avaient joué l’an dernier à Petit Bain (Paris) à l’occasion de nos 5 ans et avait réalisé (comme toujours) une performance éclatante. Ils se produiront une dernière fois chez eux, au Paradiso d’Amsterdam le 3 janvier 2019. Merci pour votre musique, votre énergie et, sans doute, à très bientôt dans de nouveaux projets ! Jonathan...

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Exit Musik for a night : It It Anita, Equipe de Foot, Emboe le 12/11 au Klub

Exit Musik for a night : It It Anita, Equipe de Foot, Emboe le 12/11 au Klub

  L’an passé, on avait passé une très chouette soirée à Petit Bain pour arroser dignement nos 5 ans avec Birth Of Joy, Wonderflu et The Blind Suns… On a pris goût à l’organisation d’évènements et comme ça nous touche énormément de voir des gros smiles sur les visages des gens grâce à une soirée qu’on a initiée, on remet ça quasiment un an après jour pour jour…   Demandez le programme :   Exit Musik présente Exit Musik for a night…   LUNDI 12 NOVEMBRE AU KLUB   IT IT ANITA (BE – Indie rock/noisy/punky/stoner/90s) Particulièrement bruyant, instable voire complètement hystérique… Si Laurent n’était pas le nom du nouvel album de It It Anita, on s’inquièterait quelque peu pour sa personne. Mais Laurent n’en finit plus de recueillir les éloges. Puisant son inspiration dans tout un tas d’influences recommandables (Sonic Youth, Fugazi, Queens Of The Stone Age…), It It Anita vient de mettre tout le monde à l’amende en sortant un des albums les plus percutants, jouissifs ET mélodiques de l’année. Et il tient à nous démontrer que sa réputation scénique est tout sauf usurpée. EQUIPE DE FOOT (FR – indie rock/garage) Si le jeu de l’équipe de France de foot ne cesse d’alimenter les critiques, celui d’Equipe de Foot ne souffre d’aucune contestation possible : un duo en parfaite osmose qui distribue les tubes à base de mélodies qui tuent, d’accélérations soudaines et de riffs puissants qui viennent se loger en pleine lucarne. Dans le jargon, on les appelle les girondins de Pixies. Pas encore champions du monde mais déjà éminents représentants de l’indie rock made in France. EMBOE (FR – noise expérimentale) Derrière ce nom énigmatique se cache Emmanuel Boeuf. Un guitariste chevelu aux idées longues, passé par Sons Of Frida, A Shape ou encore Dernière Transmission. Fan absolu de Sonic Youth, il partage leur goût pour le bruit, les expérimentations et la maltraitance de guitare. Mais Emboe sait également se montrer délicat et façonner des ambiances singulières, lorgnant volontiers vers la musique électronique. Le voyage ne s’annonce pas de tout repos mais si vous êtes prévoyants et venez avec vos boules quies, ça devrait bien se passer. Il est même fort probable que vous en redemandiez… Ouverture des portes à 19h30, premier concert à 20h. Voilà vous savez tout, on espère vous y voir nombreux et vous claquez la bise en cette belle occasion.   L’event FB La billetterie LIRE LA CHRONIQUE DE IT IT ANITA – LAURENT LIRE L’INTERVIEW 5 CHANSONS, 5 DISQUES D’EMBOE LIRE LA CHRONIQUE DE EMBOE – ALEA LIRE LA CHRONIQUE DE EMBOE – THE COVERS...

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