5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

  Nous avons eu l’immense plaisir d’interviewer Lee Ranaldo à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Electric Trim. En plus de pouvoir laisser libre cours au fan qui sommeille en nous, ce à quoi l’artiste s’est plié avec beaucoup de sympathie, il s’est prêté au jeu de notre interview 5 chansons 5 disques. Par manque de temps, malheureusement, journée promo oblige, nous n’avons pas pu parler de disques de son choix. Néanmoins, il n’a pas été avare en anecdotes sur les morceaux que nous avions choisis. D’après lui-même : « Oh, c’est vous qui choisissez les chansons ? C’est encore mieux, ça rend la chose super facile pour moi ! »   Lee Ranaldo – From Here To Infinity (1987) Je n’ai pas vraiment pu choisir un morceau sur ce disque, on va donc commencer avec un album complet. Vous comprenez pourquoi ? Oui (rires). Je m’en rappelle très bien. C’était une période où j’expérimentais beaucoup avec des boucles de cassette. On était chez Blast First, on devait faire Sister, à l’époque, on avait déjà sorti Bad Moon Rising et Evol et je disais au mec du label, en Angleterre, que j’expérimentais avec des enregistrements bizarres et que je ne savais pas quoi en faire. Il m’a répondu : « Pourquoi on n’en ferait pas un disque ? ». Je venais de New York, et en Angleterre c’était beaucoup plus facile de sortir un disque, du coup je lui ai répondu « Vraiment ? On peut faire ça ? » et lui « Oui, ramène tes cassettes et on va en faire un album solo. » Ça s’est monté ainsi. Je voulais vraiment garder l’idée de boucles de cassettes, donc chaque piste finit sur un locked groove, de manière à ce qu’elle soit potentiellement de durée infinie (NDR : un locked groove est un enregistrement sur le sillon qui sert à bloquer le bras, en général à la fin d’une face, ce qui crée une boucle de moins de 2 secondes qui se répète tant qu’on ne relève pas le diamant). J’ai fait les enregistrements à New York et quelques-uns dans les deux semaines où j’étais en Angleterre, et d’une certaine manière, c’était juste un projet expérimental. D’abord pour présenter mes enregistrements sonores, et en faisant des boucles. Pour faire ces boucles sur un vinyle, tu es en studio et le type doit appuyer sur le bouton qui crée la boucle, et tu ne sais jamais comment ça va sonner avant d’avoir écouté le pressage final, car tu ne peux rien changer une fois qu’il a fait ça. C’est vraiment tout ou rien. Du coup, c’était un projet vraiment sympa. Un des morceaux, « Lathe Speaks », a été fait pendant qu’ils gravaient la matrice du vinyle, je bougeais la bande entre les têtes de...

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Interview – The Richmond Sluts

Interview – The Richmond Sluts

Manu démarre: “Ok guys, my friend Marlon is gonna…” “…fuck us !!”, m’interrompt un Sluts. Gros rire gras backstage. S’ensuit une discussion inédite sur les penis de scorpions qui se trouveraient à la base de leur dard, etc. Bonne intro ! Comment va la tournée jusqu’à présent ? (John Tyree, batteur, passe une tête et les autres lui disent de rappliquer pour l’interview. John semble dans un état second, ca promet… Back to the questions.) Excellent ! Ça se passe très bien. On revient d’Italie où on était pour la première fois. On a fait beaucoup de petits clubs avec toujours une très bonne interaction . Et après on débarque en France et là, c’est l’explosion !” Pourquoi en France ? Je ne sais pas ! A toi de me le dire ! Peut-être avec notre premier LP dans les meilleurs albums selon Rock and Folk. Mais vous vous attendiez à cette popularité en Europe? Non pas du tout. On ne fait rien de nouveau en fait mais la seule différence est qu’en 2001, personne ne faisait ce qu’on faisait. Mais tout le monde s’en foutait. Nous, on répétait 3 fois par semaine. Et… on n’a fait qu’un album (rires). (Shea précise qu’il est batteur à la base mais qu’il s’est mis au chant et à la gratte après qu’on lui ait montré 2 accords de Chuck Berry, accords qu’ il joue tout le long du mythique premier album. Chris le vanne en expliquant que Shea est maintenant un incroyable guitariste. Ambiance bon enfant…) Que pouvez-vous dire du nouvel album ? Quand on est rentrés d’Europe il y a 3 ans, on a réalisé qu’on avait des fans et qu’on pourrait faire un nouveau LP (NDLR : 12 ans après le premier). On avait quelques chansons mais ça a mis du temps, avec des membres du groupe à L.A. et d’autres à San Francisco… En plus, ce n’est pas comme si on avait un label qui nous poussait. (Shea explique qu’il a monté son label pour l’occasion, que Mauvaise Foi Records allait aider et donc que les choses se sont mises en place.) Ce n’est pas trop difficile en concert de placer les nouveaux morceaux alors que tout le monde attend ceux de 2001 ? Les Sluts confirment que c’est un vrai sujet mais qu’avec 2 albums (et même 3 en comptant Big Midnight, version des Sluts avec juste Shea et Chris, ils peuvent maintenant jongler avec la setlist et jouer plus longtemps. Une conversation sur Big Midnight plus loin, ils expliquent que leur premier batteur résume la discographie des Sluts ainsi : “Le premier album était du sexe, le second de l’héroïne et le troisième, un bon gros joint”. (rires) On...

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Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Quoi de mieux pour clôturer l’été que passer trois jour allongé sur l’herbe à écouter de la musique ? Rock en Seine est un peu le Noël du dernier weekend d’août. Retrouver ses potes autour d’une bière en profitant des derniers rayons du soleil. Autant dire que lorsque vous vous réveillez en sursaut à cause de l’orage grondant qui stagne au-dessus de La Capitale, l’envie de remettre en question votre amour pour la musique vous vient à l’esprit. Mais peu importe, le pass trois jours glissé dans la poche arrière de son jean, on saute dans le métro bien décidé à en profiter à fond ! Et cette année on est gâté. The Jesus and Mary Chain, Slowdive, Ty Segall, PJ Harvey… Je crois que c’est la première fois que je vais à un festival avec un programme aussi chargé, alors qu’importe la pluie, un vent d’excitation souffle sur l’édition 2017 du festival.   Vendredi 25 août “Hello, we are Cabbage from Manchester”. C’est classe de dire “Hello we are Cabbage from Manchester”. On n’avait pas entendu ça depuis un bout de temps. On se croirait presque revenu à la belle époque de la factory, de Joy Division et des Smiths. Premier concert et première claque, les 5 Mancuniens offrent une prestation des plus plaisantes et font même revenir le soleil. Pourtant ce n’est pas du punk. Ce n’est pas non plus du post punk. Leur son est au goût du jour tout en gardant un caractère atypique qu’on ne saurait décrire. The Pretty Reckless a tout pour séduire. Les jolis solos du guitariste aux faux airs de Slash font plaisir et je trouve toujours envoûtant que le leader du groupe soit de sexe féminin. Pourtant je me suis fait chier. Je dois être trop sensible. J’aime pas quand ça crie trop fort. Le temps d’un sandwich et je me retrouve devant Beach Fossils. Et là tout change. À peine les premières notes de “Generational Synthetic” retentissent que je me sens bien immédiatement. En arrivant à la scène du bosquet j’ai pu entendre “assis, c’est un concert assis“, c’est vrai que Beach Fossils ça s’écoute allongé dans l’herbe en regardant le ciel. C’est fait pour ça. Pourtant tout le monde est debout. On ne saurait manquer une miette de la formation américaine. Vous avez déjà découvert un groupe et eu l’impression que vous étiez passé à côté de quelque chose ? C’est ce qu’il m’est arrivé avec The Jesus and Mary Chain : “Mon dieu je suis né trop tard”. Séparés durant les années 90, c’est un peu la frustration ultime d’écouter Psychocandy en se disant qu’on aura jamais le plaisir de l’entendre en live. Pourtant, dans un élan...

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Queens Of The Stone Age – Villains

Queens Of The Stone Age – Villains

Une fois n’est pas coutume, puisque ce disque divise la rédaction, voici deux chroniques aux avis diamétralement opposés. POUR // Voilà l’objet de la discorde, le centre de la polémique, le disque des Queens Of The Stone Age que même les fans risquent de trouver à chier, et qu’il y aura pourtant toujours des contradicteurs invétérés pour défendre. Sauf que cette fois, le contradicteur invétéré, c’est moi. C’est d’autant plus étonnant que je n’avais pas tellement aimé le dernier album en date, ni la collaboration avec Iggy Pop, et que j’ai une aversion naturelle assez forte pour le pop rock dansant, surtout quand il est teinté années 80. Ajoutez à cela que j’ai trouvé le premier morceau à avoir fuité, “Feet Don’t Fail Me” très, très mauvais à la première écoute. Bref, je n’avais a priori pas du tout le profil pour défendre cette nouvelle sortie, d’autant plus que je n’aime aucun album du groupe depuis le départ d’Oliveri, à l’exception de quelques chansons par-ci, par-là. Or, c’est peut-être justement pour ça que je suis plutôt bienveillant à l’égard de Villains. Déjà, contrairement à Lullabies To Paralyze et les albums qui ont suivi, ce n’est pas une variation sur le thème de Songs For The Deaf en moins réussi, ce n’est pas une répétition moins convaincante de la formule Queens Of The Stone Age, et c’est déjà respectable en soi. Mais le meilleur moyen d’expliquer ce qu’il y a de positif dans ce nouveau disque, c’est de le comparer au précédent. Pour moi, …Like Clockwork, fortement surestimé ici-même, était un échec. Une tentative louable pour Josh Homme de renouveler sa musique, avec de vraies incursions pop rock, mais pas assez franches. D’une part, les morceaux purement pop n’étaient pas tous réussis (“…Like Clockwork” en étant l’exemple le plus flagrant), et d’autre part, ils étaient noyés entre des morceaux typiques du rouquin complètement anecdotiques mis là comme pour rassurer les fans que c’était bien un album de Queens Of The Stone Age et des ratages complets malgré la présence de pléthore de guests (“If I Had A Tail”, le pire morceau qu’ait écrit Homme ou pas loin). Au final, une seule réussite, grandiose, le titre “I Appear Missing” qui était la meilleure chanson du groupe à sortir depuis longtemps. À l’époque, je m’étais dit que Josh Homme gagnerait à assumer pleinement son envie de faire du pop rock. Cette orientation s’est confirmée avec le dernier album d’Iggy Pop, dont les plus gros défauts à mon goût étaient une influence très marquée des années 80 et une trop grande molesse. Un délire musical qui ne me plait pas avec des chansons qui ne me plaisent pas, ça ne pouvait pas décemment...

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Slowdive – Slowdive

Slowdive – Slowdive

Vingt-deux ans. Les fans de ce groupe honni puis réhabilité auront attendu vingt-deux ans avant de pouvoir poser leurs oreilles émues sur le successeur de Pygmalion. Si je n’en faisais pas partie à l’époque, Slowdive fait partie des belles découvertes que j’ai faites ces dernières années. Et cet album n’entame en aucune manière cette opinion. Le quintet a mûri, et a travaillé un peu plus ses compositions qu’à l’époque où leur motivation tenait sans doute plus dans l’espoir de surpasser leurs maîtres ès sons qu’étaient – et que sont probablement encore – The Cocteau Twins et My Bloody Valentine, que de se couler dans la vague britpop qui emportait tout sur son passage. Les habitués ne seront pas dépaysés : on retrouve la dream pop à guitares cotonneuses telle que le groupe la pratiquait sur ses albums précédents et telle qu’elle a pu influencer le post-rock de Sigur Rós, entre autres. On gagne une plus grande variété des ambiances et des tempos, mais au prix d’une identité sonore moins affirmée que sur ces vieux albums qu’on ne peut s’empêcher de réécouter pour comprendre ce qui a changé. Et ce qui a changé, c’est la présence sur cet album d’au moins trois véritables tubes à la structure classique mais efficace et aux thèmes entêtants, qui compensent les longueurs de la fin de l’album, et qui m’évoquent le premier album d’Interpol, les voix caressantes de Neil Halstead et de Rachel Goswell en plus : « Star Roving », « Sugar Pill » et « No Longer Making Time ». Comme par hasard, les trois que le groupe a dégainé lors de son récent concert parisien. Et moi de repenser à cette tentative moyennement convaincante de recroiser post-rock, shoegaze et revival post-punk, intitulée Minor Victories, qui réunissait pas plus tard que l’an dernier Rachel, un Mogwai et deux Editors ; contre toute attente, c’est avec Slowdive que Rachel obtient un an plus tard une petite victoire dans cet exercice....

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