Tops albums de la décennie

Tops albums de la décennie

La grand-messe habituelle va pouvoir débuter. Et cette année, double ration pour tout le monde, avec un top décennie. Ce top of the tops a une valeur particulière à nos yeux puisque le site a vu le jour fin 2012. Ainsi, les disques sélectionnés ici reflètent assez fidèlement notre ligne éditoriale et sont également un bon moyen de se remémorer le chemin parcouru. Une chose est sûre, chacun d’entre nous a bouffé des heures et des heures de musique lors de cette décennie qui touche à sa fin, riche en révélations, en confirmations ou même en déceptions et à l’heure du grand tri, les choix se sont révélés plus difficiles que jamais à faire… Voici les vingt albums qui ont recueilli le plus de suffrages suivi des tops détaillés de huit rédacteurs (commentaires à l’appui, parfois) et tout en bas, après 4h de scroll, une playlist de 150 morceaux ! 17/ King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland (2017) (chronique) 17/ The War on Drugs – Lost In The Dream (2014) 17/ The X-Ray Harpoons – Get Attuned To My Tyme (2014) 17/ Mark Kozelek – Live At Phoenix Public House Melbourne (2013) 16/ Faith No More – Sol Invictus (2015) (chronique) 15/ David Bowie – Blackstar (2016) (chronique) 14/ Deftones – Koi No Yokan (2012) (chronique) 12/ King Gizzard & The Lizard Wizard – I’m In Your Mind Fuzz (2014) 12/ Gallon Drunk – The Soul Of The Hour (2014)(chronique) 11/ Ty Segall – Manipulator (2014) (chronique) 10/ PJ Harvey – Let England Shake (2011) 9/ The Breeders – All Nerve (2018) (chronique) 8/ Tool – Fear Inoculum (2019) (chronique) 7/ Slowdive – Slowdive (2017) (chronique) 6/ Shannon Wright – Division (2017) (chronique) 5/ Dinosaur Jr. – I Bet On Sky (2012) (chronique) 4/ Mark Lanegan Band – Blues Funeral (2012) (chronique) 3/ Radiohead – A Moon Shaped Pool (2016) (chronique) 2/ Ventura – Ultima Necat (2013) (chronique) 1/ Nick Cave & The Bad Seeds – Push The Sky Away (2013) Blackcondorguy 10/ Sebadoh – Defend Yourself Trop bien 9/ J Mascis – Tied To A Star Trop bien 8/ Lou Barlow – Apocalypse Fetish Trop bien 7/ Sebadoh – Secret EP Trop Bien 6/ Lou Barlow – Brace The Waves Trop bien 5/ J Mascis – Elastic Days Trop trop bien 4/ Sebadoh – Act Surprised Trop trop bien 3/ J Mascis – Several Shades Of Why Trop trop bien 1/ Dinosaur Jr – I Bet On Sky/Give A Glimpse Of What Yer Not TROP trop bien Non, je déconne… 20/ That Dog. – Old LP (2019) Encore trop tôt pour le dire, mais il se pourrait que ce disque me suive un bout de temps....

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Pitchfork Music Festival Paris, du 31/10 au 02/11/19

Pitchfork Music Festival Paris, du 31/10 au 02/11/19

Référence incontournable de la presse musicale anglo-saxonne, Pitchfork qui s’autoproclame “the most trusted voice in music” faisait autrefois la pluie et le beau temps dans le petit monde de l’indie rock. Capable de faire et défaire de nombreux groupes du genre, Pitchfork a bien changé depuis les années 90. Et aujourd’hui, le festival qui se tient tous les ans à Paris est à l’image du média : très tourné vers les “musiques actuelles”, à savoir le hip hop/rnb et la musique électronique (il n’y a qu’à voir leur top de la décennie pour s’en convaincre)… mais avec encore un œil sur le rock indépendant. Les trois jours du festival étaient ainsi axés chacun sur l’un de ces trois genres. Avec toujours un souci d’exigence certain et, forcément, de beaux moments à la clé. Jeudi 31 octobre © Neige Bousson S’il y a bien un groupe sur lequel il fallait s’attarder en ce premier jour de festival, c’est bien Yussef Dayes. Batteur et percussionniste de talent, Yussef Dayes a décidé de se lancer “en solo” après de belles collaborations, notamment aux côtés de United Vibrations et Yussef Kamaal. Présenté par beaucoup comme le renouveau du jazz, il fait preuve en effet d’un groove impeccable et enivrant sublimé par le producteur Alfa Mist, le bassiste Rocco Palladino et le guitariste Mansur Brown. Un sens du rythme bluffant (s’inspirant des tonalités et rythmes jazz des années 70, de la bossa nova et même du dubstep) et une prestation envoûtante, un véritable coup de cœur ! On ne peut pas en dire autant de Hamza, visiblement content d’être là mais peut-être pas suffisamment mûr pour la scène. Déception également du côté d’Ateyaba, très peu impliqué, sans doute pas tout à fait sobre (doux euphémisme) et adepte du playback… La tête d’affiche du jour, Skepta, aura en revanche parfaitement tenu son rang en déployant une énergie impressionnante et une technique irréprochable, suscitant quantité de pogos dans une foule qui n’avait d’yeux et d’oreilles que pour lui. Jonathan Lopez, Neige Bousson & Melina Ferrante-Giovannoni Vendredi 1er novembre Deux très gros morceaux nous attendaient lors de la “soirée rock” avec d’abord Primal Scream à 20h pile. Les lumières s’éteignent sur une grande salle curieusement à moitié vide, lorsque Bobby Gillespie débarque dans un costume rose fuchsia à faire pâlir Jarvis Cocker, pour un set de 40 minutes de tubes. Petit concert donc petite formation, mais même à 4, les Primal Scream partent au combat comme s’il allaient jouer deux heures à Hyde Park. Bobby saute, Bobby danse, Bobby fait du tambourin et Bobby fait un parcours sans faute sauf lorsqu’il tend son micro à la foule qui y met autant de bonnes volonté qu’un banc de...

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Pencey Sloe – Don’t Believe, Watch Out

Pencey Sloe – Don’t Believe, Watch Out

(Prophecy Productions, 27 septembre 2019) Quelle belle entrée en matière ! Après un EP réussi en 2017, le trio parisien Pencey Sloe vient de plonger dans le grand bain musical pour de bon avec son premier album et dégage déjà une maitrise indéniable de son sujet. Son sujet ? Le shoegaze. Tendance aérienne comme celui prodigué par Slowdive et non bruitiste, administré par My Bloody Valentine. Impossible en effet de ne pas penser à la bande de Neil Halstead (et de Rachel Goswell vu la voix… on va y revenir) mais après tout, plus on pense à eux, mieux on se porte. L’assurance affichée ici n’a rien de bien surprenant à y regarder le line-up de plus près puisque deux des membres sont issus de MINAB (ex-Man Is Not A Bird), remarquables tisseurs d’ambiance, plutôt dans un registre post-rock. À leurs cotés, Diane Pellotieri porte les compositions de sa voix sensuelle, volant au-dessus des nuages et nous distribuant de douces caresses réconfortantes, et souvent un brin mélancoliques. Malgré des références évidentes, Pencey Sloe n’a pas oublié sa personnalité au vestiaire même si elle est très ancrée 90s (mais plus on pense aux 90s, mieux on se porte…). Les shoegazeux ne se contentent pas de frimer avec leur pedalboard bien fourni et de répéter en boucle une recette connue de tous, ils nous cajolent les esgourdes en nous noyant sous les mélodies raffinées. Nous voilà donc naviguant, mi-comateux mi-hagards, au sein d’ambiances ouatées finement élaborées (les tubesques en diable “All OK” et “Gold And Soul”, somptueux songes aux guitares célestes et chant éthéré, “Empty Mind” enveloppé dans un cocon fragile qui met un temps fou à éclore avant de s’envoler pour de bon… Et nous avec). Malgré une grande homogénéité et cohésion d’ensemble, Pencey Sloe est également capable de surprendre en optant pour un son plus lourd et percutant (“Buried Them”) ou sur son morceau-titre dont l’intro darker than death nous fait frémir (on pense ici à… Alice In Chains) avant un refrain féerique. En fin d’album, l’acoustique et dépouillé “It Follows” ne risque pas de vous lâcher de sitôt et n’aurait lui pas dépareillé sur le superbe dernier Chelsea Wolfe. Bref, on ne s’est vraiment pas foutus de nous. Le timing de la sortie est en outre parfaitement approprié. La grisaille ne nous quitte plus et avec elle, cette envie tenace de rester blottis sous la couette avec un chocolat chaud… Il va falloir vous montrer fort car à l’écoute des douces mélopées de Pencey Sloe, la tentation n’en sera que plus grande ! Jonathan...

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Atmosphere @ La Bellevilloise (Paris), 24/04/19

Atmosphere @ La Bellevilloise (Paris), 24/04/19

© Julien Robin C’est plus fort que nous, on ne peut réfréner une certaine appréhension avant un concert hip hop. Si les bons souvenirs demeurent largement majoritaires, certaines désillusions ont été si fortes qu’elles restent gravées (oui, Onyx on pense à vous) et font ressurgir des échanges de regards incrédules qui signifiaient “euh, c’est vraiment fini là ?“. Avant Atmosphere toutefois, plusieurs éléments étaient de nature à rassurer : le duo a sorti l’an passé un album en tout point remarquable et Slug et Ant sont réputés pour leur professionnalisme et… bon nombre de comparses guillerets sont à mes côtés pour un avant concert des plus animés. La mousse coule à flot, les vannes pourries fusent, les rires sont tonitruants et, cherry on the cake, Slug nous salue (!) lorsqu’il passe devant notre joyeuse troupe au coin de la rue qui abrite deux des meilleures salles parisiennes : la Maroquinerie et la Bellevilloise, où nous nous rendrons.. quelques verres plus tard. Trois premières parties signées Rhymesayers (Dj Keezy, Dem Atlas et The Lioness) ne seront pas de trop puisque sans elle on aurait (encore) été capables de manquer le début. A notre arrivée, les discussions enflammés se poursuivent mais doivent soudain s’interrompre lorsque Slug est accueilli chaudement au sous-sol. Le bonhomme affiche un air décontracté. Une vingtaine d’années à enchainer les concerts, ça rode. Son acolyte Ant est posté derrière ses platines. Un autre DJ dont nous tairons le nom (puisque nous ne le connaissons pas) l’épaule. Le concert débute par “Jerome”, morceau d’ouverture du dernier album, Mi Vida Local, et single redoutable. Le son n’est pas sursaturé par les basses, les instrus aisément reconnaissables et le chant parfaitement intelligible. Bref, certains des écueils récurrents de concerts de rap sont évités. Ça commence bien. D’autant que ce cher “Jerome” n’a pas son pareil pour motiver les troupes. “I’m cool” scande Slug entre deux beats qui claquent. Il l’est, indéniablement. La très offensive “Stopwatch” poursuit sous les meilleurs ensuite auspices ce début de concert copie conforme à celui de l’album. La setlist va survoler la quasi totalité de leur discographie, sans lésiner sur les classiques “Lovelife”, “Fuck You Lucy” et “God Loves Ugly” issu de l’album masterpiece du même nom. Avant “Virgo” et sa boucle de de guitare acoustique immédiatement reconnaissable (très Everlast), Slug déroule un très bon freestyle avec la classe qu’on lui connait, ce qui a le don d’exciter quelque peu un public, il faut bien le dire, un peu trop sage jusque-là. Et quoi de mieux que du tube pour secouer tout ce petit monde ? “Always Coming Back Home To You” et sa somptueuse instru vient alors ouvrir un rappel de folie.  Une fois rejoint par...

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