Bryan’s Magic Tears – 4 AM

Bryan’s Magic Tears – 4 AM

(Born Bad, 7 décembre 2018) Bryan était un jeune garçon réservé, un peu branleur et par-dessus tout passionné de musique. Un jour, sa vie a basculé. Alors qu’il avait son billet pour un festival réunissant tous ses groupes préférés (Pavement, My Bloody Valentine et Jesus & Mary Chain), Bryan est tombé malade la veille de l’événement. Pas le truc grave mais le truc qui te cloue au lit et te plombe ton festoche. Las, Bryan a donc été obligé de laisser filer cette date qu’il attendait depuis des lustres. Pleurant toutes les larmes de son corps, Bryan s’est alors fait une promesse : ses larmes ne seraient pas vaines, elles seraient magiques. Ses larmes allaient lui donner la force et le talent de monter un groupe synthétisant parfaitement ses 3 groupes préférés. Et il dominerait le monde. Le nom du groupe était tout trouvé : Bryan’s Magic Tears. Derrière cette fable débile et cette intro merdique, quelques vérités : Bryan’s Magic Tears aime bien les années 90, l’indie rock et le shoegaze. Ce qui est moins vrai, c’est que derrière Bryan se cache une belle brochette d’indie rockers français, passés chez The Space Binouze From Refrigerator (respect éternel pour le nom du groupe), Dame Blanche, Marietta ou encore La Secte Du Futur. Pas vraiment des bleus, donc. Nul besoin d’enjoliver le tableau, Bryan est un bon gars qui prend soin de nous. Bryan aime se la couler douce en chantonnant nonchalamment avant de nous en coller une belle soudainement, armé d’une fuzz ravageuse (“Change”,  la fin démentielle de “Lilac Tree” qui s’achève dans le plus grand des boucans). Bryan aime les tubes et il en a mis plusieurs au début du disque, histoire de bien nous accrocher l’oreille. Et évidemment, il nous a eu. Bryan aime qu’on fasse de l’air guitar pour mimer le gros riff lourd de “Ghetto Blaster” tout en clamant des “oooh oooh”, pensant qu’on est aussi cool que lui. Bryan sait aussi nous filer le bourdon et le sourire à la fois (“CEO”), Bryan compose des intros qui rendraient jaloux Kurt Cobain (“Marry Me”), Bryan fait chialer sa gratte comme Kevin Shields (“4 AM”) . Bryan est bon, nous aimons Bryan et nous bénissons ses larmes magiques. On n’ira pas vous faire croire que vous allez mettre votre réveil à 4AM tous les matins pour écouter ce disque, mais il y a des chances qu’au moment de vous diriger vers le boulot (ou autre tâche ingrate), vous vous le colliez fréquemment dans les oreilles pour vous évader et rêver d’un destin similaire à celui de Bryan. Jonathan...

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Tops albums 2018 par Duke Garwood, It It Anita, Peter Kernel, Slift et Zëro

Tops albums 2018 par Duke Garwood, It It Anita, Peter Kernel, Slift et Zëro

Comme chaque année, on donne la parole à des artistes dont nous avons plébiscité les albums et qui veulent bien se prêter au jeu pour nous donner leurs albums préférés de l’année écoulée. Pour 2018, place aux tops de Duke Garwood, auteur du subtil et envoûtant With Animals avec Mark Lanegan, It It Anita responsable de l’uppercut Laurent, Peter Kernel, qui a signé le surprenant et sophistiqué The Size Of The Night, Slift, éminent représentant du garage kraut à la française via La Planète Inexplorée et Zëro qui nous a passionné avec Ain’t That Mayhem?. Avec commentaires à la clé, s’il vous plait. Duke Garwood Joe Cardamone – Holy War Soundtrack Un film et un disque puissants, sans compromis, intelligents. Une âme rock de superstar. Emma Trica – St Peter C’est beau. Aussi exotique qu’un oiseau du paradis. Liela Moss – My Name is Safe in Your Mouth Radical, agitateur, cinématique. Une avancée audacieuse dans un univers sonique. Sa voix est forte, magnifique et captivante. Alexander Tucker – Don’t Look Away Un classique de la part d’un maître du collage sonique et de la composition. Beaucoup de délicieuses mélodies et d’inventions harmoniques. Woven Entity – Two Suite logique de One. Les stars de la percussion vont plus loin dans le free jazz, tout en gardant un groove électrifiant, funky et irrésistible. It It Anita (Michael Goffard, Guitare – chant) Parquet Courts – Wide Awake! Brillant, super production, des morceaux quasi pop mais pas tout à fait. Stephen Malkmus & the Jicks – Sparkle Hard J’ai cru ré-entendre Pavement. Idles – Joy As An Act Of Resistance La grosse gifle de l’année. Peter Kernel Aris Bassetti (guitare – chant) : Sudan Archives – Sink J’adore son chant et son talent pour les mélodies. Oneohtrix Point Never – Age Of Il est si créatif. Je suis jaloux. Barbara Lehnoff (Basse – chant) Young Fathers – Cocoa Sugar J’adore leur façon d’utiliser l’espace dans le mix. Suuns – Felt Ils me touchent directement au cœur avec un simple riff. Slift Sleep – The Sciences Ce disque est un trou noir super massif, rien ne peut s’en échapper. Yonatan Gat – Universalist Un pont entre musique traditionnelle et free jazz, joué par un trio de musiciens venant du punk. Le genre d’album qui fait sérieusement avancer le shmilblick. Le Réveil Des Tropiques – Big Bang Tout d’abord, l’artwork est magnifique ! Ensuite c’est 4 longues jams de haut vol, dans tous les sens du terme.  PinioL – Bran Coucou Ce disque est un mille-feuille, sans déconner il y a des milliards d’idées là-dedans ! Il ne faut pas hésiter à y replonger plusieurs fois ! Et encore un artwork splendide pour ne rien gâcher… Sunflowers –...

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Tops albums 2018 par les rédacteurs

Tops albums 2018 par les rédacteurs

Après le top albums de la rédaction, voici les tops détaillés des rédacteurs parmi les plus réguliers du site qui ont accepté de se livrer à ce petit jeu tant divertissant que prise de tête. Avec des morceaux à écouter, parfois du texte, parfois de la BD et parfois rien du tout. Jonathan Lopez : 25/ The Doppelgangaz – AAAAGGGHH Un titre d’album débile mais toujours du gros hip hop bien dark à écouter fort dans sa bagnole en se prenant pour une caille-ra. 24/ Kurt Vile – Bottle It In (chronique) Pas énervé, le Kurt poursuit sa belle aventure solo avec un disque riche en forme de bilan. Pas énervant non plus donc, au contraire. 23/ Cypress Hill – Elephants On Acid (chronique) Muggs est peut-être le pire interviewé de l’histoire du site, c’est aussi l’un des meilleurs beatmakers de l’histoire du hip hop. Cypress le sait et quand il revient à la maison, ce n’est plus la même histoire… 22/ Hot Snakes – Jericho Sirens (chronique) Ça joue vite, ça joue fort, ça cloue tout le monde mélodiquement. On se donne encore 5 ans pour se remettre de « Six-Wave Hold Down »… 21/ Cat Power – Wanderer (chronique) Chan Marshall dans ses plus beaux atours c’est à dire (le plus souvent) dans le dépouillement le plus total. Un disque empli de sincérité et par moments bouleversant. 20/ Délage – Loverboy Beatface (chronique) De la pop synthétique. Sur le papier, ça ne me faisait pas rêver. Sur disque, ça m’a grandement enthousiasmé. 19/ Atmosphere – Mi Vida Local (chronique) Des putains d’instrus pour un putain de rappeur. On savait déjà qu’Atmosphere était un putain de groupe et c’est une putain de confirmation. 18/ Mark Lanegan & Duke Garwood – With Animals (chronique) C’est loin d’être le meilleur Lanegan, ce n’est même pas la meilleure collaboration entre les deux hommes. C’est malgré tout (encore et toujours) très recommandable. 17/ J.C. Satàn – Centaur Desire (chronique) Un Centaur plus difficile à dompter que son prédécesseur mais une fois pris par les cornes, le bestiau est finalement très attachant. 16/ Thalia Zedek Band – Fighting Season (chronique) Thalia ne fait jamais le déplacement en studio pour rien. Soit elle nous en colle une belle, soit elle nous fait chialer. Là, c’était l’option chialade. 15/ Nine Inch Nails – Bad Witch EP (chronique) On adorait Bowie quand il se prenait pour Reznor, on aime aussi beaucoup quand Reznor se prend pour Bowie. Et on a de nouvelles bonnes raisons d’adorer Nine Inch Nails. 13/ A Place To Bury Strangers – Pinned (chronique) Un APTBS un poil plus sage, une nouvelle batteuse qui se la joue chanteuse. Pas de révolution de palais en vue...

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Top albums et playlist 2018

Top albums et playlist 2018

Vous n’en pouviez plus d’attendre. Les voici, les 20 albums qui ont recueillis le plus de suffrages auprès de la rédaction cette année. A suivre, les tops détaillés des rédacteurs. Plus bas, 50 morceaux pour boucler 2018 en beauté. 20/ Volage – Sittin’ Sideways (chronique) 19/ Daniel Blumberg – Minus 18/ Atmosphere – Mi Vida Local (chronique) 17/ Cat Power – Wanderer (chronique) 16/ J.C. Satàn – Centaur Desire (chronique) 15/ Spiritualized – And Nothing Hurt 14/ Cypress Hill – Elephants On Acid (chronique) 13/ Hot Snakes – Jericho Sirens (chronique) 12/ Nothing – Dance On The Blacktop 11/ Dr Octagon – Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation (chronique) 10/ Shame – Songs Of Praise (chronique) 9/ Failure – In The Future Your Body Will Be The Furthest Thing From Your Mind (chronique) 8/ Goat Girl – Goat Girl (chronique) 7/ No Age – Snares Like A Haircut (chronique) 6/ It It Anita – Laurent (chronique) 5/ Alice In Chains – Rainier Fog (chronique) 4/ Thalia Zedek Band – Fighting Season (chronique) 3/ Mudhoney – Digital Garbage (chronique) 2/ J Mascis – Elastic Days (chronique) 1/ The Breeders – All Nerve (chronique) Et hop une playlist de 50 morceaux pour résumer cette belle année musicale...

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5 chansons, 5 disques par It It Anita

5 chansons, 5 disques par It It Anita

Lundi 12 novembre, It It Anita nous fera l’honneur de venir jouer au Klub pour notre soirée Exit Musik for a night, en compagnie d’Equipe de Foot et Emboe. A peine remis de la série d’uppercuts administrés par Laurent, on aura l’occasion de vérifier si sur scène les dégâts sont aussi importants, même si on a notre petite idée sur la question… Comme on aime bien connaître nos invités, on a échangé avec Michael Goffard, chanteur-guitariste du groupe, à propos de 5 chansons d’It It Anita choisies par nos soins, avant de l’écouter nous parler de 5 albums qui ont une grande valeur à ses yeux. Interview 5 chansons, 5 disques.     1 – Tacoma (It It Anita EP, 2014) IT IT ANITA by It It Anita Un classique. Toujours un classique de vos setlists aussi ? On le joue beaucoup moins maintenant parce qu’avec le nouvel album on joue beaucoup de nouveaux morceaux et il ne fait pas toujours partie des vieux morceaux que l’on joue. On le joue encore mais ça devient un peu plus rare. J’aime ces morceaux qui évoluent constamment et nous emmènent là où on n’imaginait pas. Vous aimez bien aussi je crois… Oui et dans ce morceau y a vraiment des parties complètement différentes. C’est sans doute pas le plus simple à écouter mais c’est un de ceux que j’aime vraiment parmi les anciens. Et il y a ce passage très math rock à mi-morceau. Comment ça vous est venu ? C’est parti d’une sorte de jam en répète, notre ancien bassiste avait cette fibre math rock et structures plus compliquées. On a joué un jour ce truc-là en boucle, ça nous a mis en transe et on s’est dit « gardons-le sur le disque ! ». Ça amenait bien la partie de fin un peu plus criarde et on a adoré ce truc. Finalement malgré le changement de line up que tu évoquais, je troue que ce morceau résume bien votre son. L’énergie, la mélodie, les changements de rythme très fréquents. Oui, je pense que c’est un des morceaux les plus aboutis qu’on a faits. Beaucoup de nos influences sont regroupées dans ce morceau, c’est un bon condensé de It It Anita. Et il y a ce pont où vous chantez d’ailleurs « we cross the bridge we’re safe ». Il colle super bien et j’ai presque l’impression qu’on pourrait le mettre au milieu d’autres morceaux qu’il passerait nickel aussi… Oui je vois ce que tu veux dire. On voulait alterner ce côté orage et screamo avec un truc beaucoup plus calme et posé. J’aime vraiment les mélodies – tu le verras dans les disques que j’ai choisis -, la dissonance ça me parle...

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