Pencey Sloe – Don’t Believe, Watch Out

Pencey Sloe – Don’t Believe, Watch Out

(Prophecy Productions, 27 septembre 2019) Quelle belle entrée en matière ! Après un EP réussi en 2017, le trio parisien Pencey Sloe vient de plonger dans le grand bain musical pour de bon avec son premier album et dégage déjà une maitrise indéniable de son sujet. Son sujet ? Le shoegaze. Tendance aérienne comme celui prodigué par Slowdive et non bruitiste, administré par My Bloody Valentine. Impossible en effet de ne pas penser à la bande de Neil Halstead (et de Rachel Goswell vu la voix… on va y revenir) mais après tout, plus on pense à eux, mieux on se porte. L’assurance affichée ici n’a rien de bien surprenant à y regarder le line-up de plus près puisque deux des membres sont issus de MINAB (ex-Man Is Not A Bird), remarquables tisseurs d’ambiance, plutôt dans un registre post-rock. À leurs cotés, Diane Pellotieri porte les compositions de sa voix sensuelle, volant au-dessus des nuages et nous distribuant de douces caresses réconfortantes, et souvent un brin mélancoliques. Malgré des références évidentes, Pencey Sloe n’a pas oublié sa personnalité au vestiaire même si elle est très ancrée 90s (mais plus on pense aux 90s, mieux on se porte…). Les shoegazeux ne se contentent pas de frimer avec leur pedalboard bien fourni et de répéter en boucle une recette connue de tous, ils nous cajolent les esgourdes en nous noyant sous les mélodies raffinées. Nous voilà donc naviguant, mi-comateux mi-hagards, au sein d’ambiances ouatées finement élaborées (les tubesques en diable “All OK” et “Gold And Soul”, somptueux songes aux guitares célestes et chant éthéré, “Empty Mind” enveloppé dans un cocon fragile qui met un temps fou à éclore avant de s’envoler pour de bon… Et nous avec). Malgré une grande homogénéité et cohésion d’ensemble, Pencey Sloe est également capable de surprendre en optant pour un son plus lourd et percutant (“Buried Them”) ou sur son morceau-titre dont l’intro darker than death nous fait frémir (on pense ici à… Alice In Chains) avant un refrain féerique. En fin d’album, l’acoustique et dépouillé “It Follows” ne risque pas de vous lâcher de sitôt et n’aurait lui pas dépareillé sur le superbe dernier Chelsea Wolfe. Bref, on ne s’est vraiment pas foutus de nous. Le timing de la sortie est en outre parfaitement approprié. La grisaille ne nous quitte plus et avec elle, cette envie tenace de rester blottis sous la couette avec un chocolat chaud… Il va falloir vous montrer fort car à l’écoute des douces mélopées de Pencey Sloe, la tentation n’en sera que plus grande ! Jonathan...

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Atmosphere @ La Bellevilloise (Paris), 24/04/19

Atmosphere @ La Bellevilloise (Paris), 24/04/19

© Julien Robin C’est plus fort que nous, on ne peut réfréner une certaine appréhension avant un concert hip hop. Si les bons souvenirs demeurent largement majoritaires, certaines désillusions ont été si fortes qu’elles restent gravées (oui, Onyx on pense à vous) et font ressurgir des échanges de regards incrédules qui signifiaient “euh, c’est vraiment fini là ?“. Avant Atmosphere toutefois, plusieurs éléments étaient de nature à rassurer : le duo a sorti l’an passé un album en tout point remarquable et Slug et Ant sont réputés pour leur professionnalisme et… bon nombre de comparses guillerets sont à mes côtés pour un avant concert des plus animés. La mousse coule à flot, les vannes pourries fusent, les rires sont tonitruants et, cherry on the cake, Slug nous salue (!) lorsqu’il passe devant notre joyeuse troupe au coin de la rue qui abrite deux des meilleures salles parisiennes : la Maroquinerie et la Bellevilloise, où nous nous rendrons.. quelques verres plus tard. Trois premières parties signées Rhymesayers (Dj Keezy, Dem Atlas et The Lioness) ne seront pas de trop puisque sans elle on aurait (encore) été capables de manquer le début. A notre arrivée, les discussions enflammés se poursuivent mais doivent soudain s’interrompre lorsque Slug est accueilli chaudement au sous-sol. Le bonhomme affiche un air décontracté. Une vingtaine d’années à enchainer les concerts, ça rode. Son acolyte Ant est posté derrière ses platines. Un autre DJ dont nous tairons le nom (puisque nous ne le connaissons pas) l’épaule. Le concert débute par “Jerome”, morceau d’ouverture du dernier album, Mi Vida Local, et single redoutable. Le son n’est pas sursaturé par les basses, les instrus aisément reconnaissables et le chant parfaitement intelligible. Bref, certains des écueils récurrents de concerts de rap sont évités. Ça commence bien. D’autant que ce cher “Jerome” n’a pas son pareil pour motiver les troupes. “I’m cool” scande Slug entre deux beats qui claquent. Il l’est, indéniablement. La très offensive “Stopwatch” poursuit sous les meilleurs ensuite auspices ce début de concert copie conforme à celui de l’album. La setlist va survoler la quasi totalité de leur discographie, sans lésiner sur les classiques “Lovelife”, “Fuck You Lucy” et “God Loves Ugly” issu de l’album masterpiece du même nom. Avant “Virgo” et sa boucle de de guitare acoustique immédiatement reconnaissable (très Everlast), Slug déroule un très bon freestyle avec la classe qu’on lui connait, ce qui a le don d’exciter quelque peu un public, il faut bien le dire, un peu trop sage jusque-là. Et quoi de mieux que du tube pour secouer tout ce petit monde ? “Always Coming Back Home To You” et sa somptueuse instru vient alors ouvrir un rappel de folie.  Une fois rejoint par...

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PLAYLIST – Money!

PLAYLIST – Money!

Le moment est venu de faire sa déclaration de revenus. Un bonheur… Pour vous aider à faire passer la douloureuse avec le sourire, on vous a concocté une playlist qui parle d’argent, de thunes, de flouze. Vous allez voir, on encaisse...

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Night Beats – Myth Of A man

Night Beats – Myth Of A man

(Heavenly, 18 janvier 2019) Depuis l’excellent Who Sold My Generation sorti il y a 3 ans déjà, le quatrième album des Nights Beats était attendu de pied ferme. Le voilà enfin entre nos mains fébriles et dès la première écoute, le constat est clair : l’énergie et le psychédélisme d’antan ont été supplantés par un son plus assagi et bluesy. Pour cela, Danny Lee Blackwell, le leader du groupe, a quitté son Texas natal, pour poser santiags et valises à Nashville en confiant la production à Dan Auerbach, l’une des moitiés des Black Keys. Il s’est également entouré de musiciens de session qui ont travaillé avec des légendes comme Aretha Franklin et Elvis. A l’écoute de Myth Of A Man, difficile de ne pas faire le parallèle avec le dernier Arctic Monkeys, son côté rétro, son chant très en avant, parfois proche du crooner (« Too Young To Pray »). La première écoute de l’album est déroutante et laisse un peu perplexe. Myth Of A Man nous semble d’abord quelconque mais finit, au gré des écoutes, par dévoiler ses qualités et devenir plaisant, pour peu qu’on accepte le changement de cap opéré par le groupe. Un sentiment de spleen plane sur ce disque marqué par la période destructrice que le groupe a traversé durant le processus de composition. A travers ses différents personnages, Blackwell nous dessine le mythe d’un homme, probablement son double, en quête de rédemption. La démarche est louable et donne lieu à un album non dénué de charme, à défaut d’être incontournable. Reste à voir ce qu’il donnera sur scène le 14 février prochain à Petit Bain (Paris). Alain Dutertre LIRE LA CHRONIQUE DE WHO SOLD MY GENERATION LIRE L’INTERVIEW DE NIGHT...

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Chokebore va avoir droit à son livre

Chokebore va avoir droit à son livre

L’excellente maison d’édition Camion Blanc qui se définit comme “l’éditeur qui véhicule le rock” et vient de sortir en version française l’indispensable Our band could be your life de Michael Azerrad (enfin !), va publier en février un livre consacré à Chokebore. Chokebore : Days Of Nothing, écrit par Thierry Jourdain (du zine Equilibre fragile) reviendra sur la carrière du groupe 90s mythique de Troy Von Balthazar (dont on attend le nouvel album solo d’ici peu) séparé en 2005. Jonathan...

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