Prophets Of Rage – Prophets Of Rage

Prophets Of Rage – Prophets Of Rage

Il fallait bien passer à l’acte, celui de l’épreuve cruciale et non sans danger de la conception d’un album. Car oui Prophets of Rage a fait ses preuves. Sur scène, la mayonnaise à pris très vite, on sent l’envie et le plaisir communicatif des membres à jouer ensemble, qui plus est pour la bonne cause, toujours le bras tendu. En studio et sur disque c’est une autre histoire. L’EP sorti en 2016 n’a eu pour seul effet que de nous renvoyer 20 ans en arrière, avec l’unique envie de nous replonger dans la discographie de leurs formations d’origines. Les quelques morceaux balancés au compte-goutte avant la sortie officielle de ce premier opus se sont eux avérés prometteurs, mention spéciale à « Unfuck The World », « Radical Eyes » et « Living On The 110″, particulièrement émérites. Mais rien n’est joué car la véritable épreuve repose sur le fait de tenir la distance sur un album complet et au premier abord, les membres de Prophets s’en sont sur ce coup-là plutôt biens sortis. Mais voilà si l’on creuse un peu, on se rend vite compte que les ex-membres de Rage Against The Machine ne sortent jamais des sentiers battus. Aucune prise de risque, ils martèlent la même formule sans relâche. Les riffs et solos de Morello sonnent souvent comme du déjà entendu, on reste sur notre faim et c’est bien dommage. Fort heureusement, Tim commerford et Brad Wilk redonnent du peps à l’ensemble en déployant une bonne dose de groove comme sur » Take Me Higher », taillée sur mesure pour Chuck D. Globalement trop propre et poli, on reprochera un manque de hargne et de brutalité, sûrement dans un souci de plaire au plus grand nombre plutôt que dans une difficulté à se renouveler. Musicalement on assiste à une révolution en demi teinte que Chuck D et B-Real peinent à tirer vers le haut. S’ils assurent toujours dans leur rôle de Mc’s, nos messagers n’ont pas la fougue ni l’énergie d’un Zack De La Rocha prêchant la bonne parole. On frôle même la catastrophe pour ne pas dire le ridicule sur « Legalize Me » où la voix trafiquée de B-Real qui ne méritait vraiment pas ça, risque d’en faire pâlir plus d’un. On le sait l’épreuve est délicate, et il est vrai qu’en un an les membres de Prophets n’ont pas chômé… Le meilleur de cet album avait déjà été dévoilé, ce qui est fort dommage, le reste n’offrant pas de réelles surprises. Une bonne marge de progression est à prévoir/espérer pour la suite, pour le moment attendons de voir comment le groupe va défendre cet album en live. Parce que c’est peut-être bien là où il est le plus fort....

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Ecce Homo, le nouvel album de Heliogabale en écoute exclusive !

Ecce Homo, le nouvel album de Heliogabale en écoute exclusive !

  Dans la grande famille des noiseux français, Heliogabale se pose là. Et ce, depuis le début des années 90. En un plus de deux décennies, Heliogabale s’est forgé une solide réputation en empilant les disques de haut vol, en retournant des scènes et en signant des collaborations classieuses (Steve Albini, Iain Burgess, pour ne citer que les plus illustres), tout en évitant soigneusement le piège de la redite. Sur Ecce Homo, leur 7e album, qui sort chez Atypeek Music et Les Disques Du Hangar 221, c’est cette fois Jean-Charles Versari (déjà à l’oeuvre récemment sur l’excellent album d’Adam H.) qui se partage les manettes avec Al Sutton. Alors qu’autour d’elle le chaos règne, Sasha Andrès opte pour la première fois pour un chant en français. Et ça le fait grave. Heliogabale a toujours la classe, certaines choses sont immuables. Pour le vérifier par vous-mêmes, on vous propose d’écouter Ecce Homo en exclu ci-dessous : Heliogabale sera au Batofar (Paris) le 13 octobre avec Zerö....

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Emboe – Aléa Deluxe

Emboe – Aléa Deluxe

Emboe est un sadique. Voilà il fallait que ça sorte, ça ne pouvait plus continuer comme ça. De longues années durant, Emboe s’est adonné à la maltraitance de guitares. Il n’avait alors pas encore de pseudo pensant bénéficier d’un relatif anonymat au sein de ses associations de malfaiteurs précédentes (Sons Of Frida, Dernière Transmission, No.On…). Mais sa réputation n’étant plus à faire, il s’est résolu à œuvrer dans l’ombre pour regagner en confidentialité. Sadisme suprême, il avait fait se côtoyer Rihanna et Sonic Youth, qui a priori n’ont pas grand-chose à se dire. Et contre toute attente, le courant était bien passé. Las de molester des guitares, Emboe s’est attaqué l’an dernier à des appareils électroniques. Une manière à lui de brouiller les pistes. Mais sa philosophie n’a pas changé d’un iota : il aime faire mal. Faire mal aux machines qu’il triture jusqu’à plus soif, et faire mal aux crânes des auditeurs. Et cette fois, il n’y va pas avec le dos de la cuillère, œuvrant pendant près d’1h20 derrière des machines entièrement soumises à son esprit malfaisant. Comme lorsqu’il assemble, bien malgré elles, tout un tas de sonorités perverties (« In Like Dead » dans un registre qui tabasse, « Feel The Same » ou « Shot Groove », quelque part entre expérimental et indus) alors qu’il est tout à fait capable de façonner des pièces bien plus faciles d’accès (« Crash Rain », « Cold Clown » et son beat outrancier). Sadique, Emboe l’est encore quand il nous laisse sous la menace d’une « Neverskin » prête à exploser mais qui se contente de nous narguer indéfiniment. Sadique toujours quand il laisse s’infiltrer une étrange beauté à cet univers inquiétant et tourmenté, ravivant à nos pauvres esprits le souvenir d’un autre azimuté de première, Aphex Twin (« Just Your Shoulder »). Ou quand il convoque My Bloody Valentine, maîtres ès maltraitance guitaristique, dans ses lentes progressions éthérées et saturées (« Somebody In The Clouds ») où peut parfois débarquer sans coup férir un beat geignard, voire génial (« Cacatoes »). Sadique et narquois quand il nous renvoie à nos heures d’ado loser se déhanchant laborieusement sur une house music entrainante à défaut d’être finaude (« Mastic Dead »), ou lorsqu’il nous pousse à la consommation de psychotropes en délivrant un groove subtil et hallucinatoire (« Pink Pussy »). Monstrueusement sadique également quand il nous inflige une basse dont on est bien incapable de se défaire (« Gosasys »), ou lorsqu’il nous livre cette superbe fin d’album (« Hope To See You Again », « Wicked Lovers ») chargée de mélancolie qui nous poussera à remettre le couvert et à repasser ainsi par tous les sentiments contraires qui...

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RIP Grant Hart

RIP Grant Hart

  Je ne vais pas faire pleurer dans les chaumières ni m’inventer une vie pour jouer l’érudit que je ne suis pas. Je ne vais pas vous faire croire que j’ai grandi avec Grant Hart, que sa mort m’affecte autant que celle d’un Chris Cornell, comme un bout de ma jeunesse qui se tire. Non, je n’écoute pas Hüsker Dü depuis ma plus tendre enfance, Hüsker Dü est plutôt un groupe qu’on découvre avec le temps quand on cherche à parfaire ses connaissances musicales, à retourner à la source, à chercher les pionniers qui ont précédé les Dinosaur Jr., Pixies ou Nirvana, qui oeuvraient dans l’ombre quand les guitares n’étaient plus les bienvenues dans les charts. Comme beaucoup, c’est donc en grandissant que je me suis penché sur Zen Arcade, l’oeuvre majeure du groupe, il y a de ça quelques années, vérifiant au passage que son statut culte n’avait rien d’usurpé. Et creusant par la suite le reste de la discographie, où trônent également les incontournables Flip Your Wig et New Day Rising. Hüsker Dü était important, c’est indéniable, l’histoire et ses héros en attestent. Hüsker Dü était aussi un groupe très talentueux et n’importe qui peut s’en convaincre à l’écoute des disques sus-cités, aussi pétris de bonnes mélodies que gorgés d’énergie féroce. Grant Hart oeuvrait à la batterie mais c’est aussi lui qui se partageait les compositions avec Bob Mould, et donnait de la voix régulièrement. Sa carrière solo qui s’ensuivit n’est pas passé inaperçue non plus avec notamment l’acclamé The Argument en 2013. Grant Hart s’en est donc allé ce 14 septembre 2017 des suites d’un cancer. Il n’avait que 56 ans et avec lui c’est un nouveau pan du rock alternatif qui vient de foutre le camp. Fuck. JL...

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Un blind test Exit Musik tous les mercredis au Sans Souci !

Un blind test Exit Musik tous les mercredis au Sans Souci !

  Grande nouvelle ! Tous les mercredis au bar parisien Le Sans Souci (65 Rue Jean-Baptiste Pigalle, Paris 9e), l’équipe d’Exit Musik animera la soirée avec un blind test pour tester vos connaissances musicales. Epreuves thématiques, jeux à la con, bon son et bonne humeur au programme. Début des hostilités mercredi 20 septembre à 20h avec BCG aux commandes. Viens donc et amène tes amis !...

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