Eels : nouvel album, single en écoute

Eels : nouvel album, single en écoute

  4 ans après le décevant The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett, Eels sera de retour le 6 avril prochain avec The Deconstruction (chez E Work et PIAS). Le morceau d’ouverture, éponyme, a été dévoilé (cf ci-dessous). Ce nouveau disque c’est E qui en parle le mieux : « Voici 15 nouveaux morceaux de EELS qui vont peut-être vous inspirer et vous faire bouger. Ou Pas. Le monde est devenu fou. Mais si on la cherche bien, il y a toujours de la beauté à y trouver. Parfois, on n’a même pas besoin de la chercher. Sinon, il faut essayer de la créer soi-même. Et puis il y a des fois où il faut détruire quelque chose pour trouver de la beauté à l’intérieur. ». Une tournée mondiale a été annoncée avec notamment un passage à l’Olympia (Paris) le 9 juillet. JL...

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Black Rebel Motorcycle Club – Wrong Creatures

Black Rebel Motorcycle Club – Wrong Creatures

Savez-vous combien de disques sortent tous les mois ? Moi non plus. Plus de 1000 sans doute… Alors évidemment pour se démarquer il faut de solides arguments (ou un bon budget promotion). Quand le groupe s’appelle Black Rebel Motorcycle Club on y prête forcément une oreille. Même s’ils ne nous ont plus fait vibrer depuis un bail, leur réputation les précède. Et puis rapidement le soufflé retombe. Après une intro mystico tribale à l’intérêt limité, le groupe lui-même nous avertit “it’s just another song“. Voilà qui ne va pas nous aider à croire au coup de coeur. Et c’est vrai que “Spook” n’est qu’une chanson psychée de plus. Pas mauvaise mais pas mémorable non plus. Bien meilleure toutefois que ce “King Of Bones” bien pompier (la basse et la grosse caisse qui crient “j’arrive avec mes gros sabots s’il vous plait, passez-nous à la radio“, le refrain trop moche pour être vrai), ou “Echo” qui se veut épique mais se révèle surtout insupportable (le refrain à la U2 brrr). Quelques rock psychés de bon aloi, bien calibrés viennent redresser un peu la barre (“Ninth Configuration”, “Question Of Faith” en BRMC pur jus ou “Circus Bazooko” qui a au moins le mérite d’amuser la galerie, à défaut de marquer les esprits). Mais Black Rebel retombe trop souvent dans ses travers (“Calling Them All Away” qui veut la jouer aérienne mais qui ne méritait pas non plus de tutoyer les 7 minutes, ni ce traitement trop propret, “Little Thing Gone Wild” trop surchargée). Et pour ne laisser aucune place au doute, rien de tel qu’un “All Rise” bien craignos. Wrong Creatures oscille donc entre le correct et le calamiteux. Disparue la prise de risque, envolée la spontanéité des débuts. BRMC court visiblement après l’hymne de stade. On n’a que nos yeux pour pleurer et nos oreilles à laver. “There’s no one ready for this” chante Peter Hayes. Nous en tout cas on n’était effectivement pas prêt à subir pareille déconvenue. JL LIRE LA CHRONIQUE DE SPECTER AT THE...

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Du nouveau matériel pour Preoccupations

Du nouveau matériel pour Preoccupations

Preoccupations (ex-Viet Cong) revient le 23 mars prochain avec l’album New Material chez Jagjaguwar, qui succèdera au décevant album éponyme. Un premier single, “Espionage”, a été dévoilé. Le groupe défendra son nouvel album sur la scène de La Maroquinerie (Paris) le 11 juin prochain. JL     La pochette :                   LIRE LA CHRONIQUE DE VIET CONG – VIET CONG LIRE LA CHRONIQUE DE PREOCCUPATIONS –...

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Gang Of Four – Entertainment!

Gang Of Four – Entertainment!

Après le forfait commis par le vil BCG, je me dois de réhabiliter en ces pages ce grand disque qu’est Entertainment! de Gang Of Four. En 1979, le mouvement punk s’essouffle (déjà) et le post punk pointe le bout de son nez. Gang Of Four évolue du côté lumineux de la force post punk. Point de synthés ténébreux ici ni d’atmosphères gothiques, mais des guitares acérées et tranchantes, une hargne omniprésente et des morceaux terriblement entrainants emmenés par la basse virevoltante de Dave Allen. L’incendiaire “Ether” ouvre les hostilités. Le feu est déclaré dans votre salon. Et ce n’est pas l’instabilité chronique de “Not Great Men”, son groove spasmodique qui va vous calmer. Ça respire l’urgence, la tension et ça n’hésite pas à mélanger amoureusement funk, dub (aaah le mélodica !) et punk, évidemment… Tout ce qui bouge et remue nos tripes. Le jeu de basse phénoménal de Dave Allen a d’ailleurs bien traumatisé Flea (Red Hot) « ça a complètement changé ma façon de voir le rock et ça m’a poussé à devenir bassiste » dira-t-il des bonbons plein les yeux rien qu’en y repensant. Un album qu’on retrouve également dans le top 50 des disques préférés de Kurt Cobain qui n’a pas dû rester insensible au son de guitare d’Andy Gill, aiguisé à souhait, qui n’en fait pas des caisses, mais se contente d’asséner les coups de poignards. C’est sec, sans fioritures, ça pique bien là où il faut (« At Home He’s A Tourist »). La formule est parfois simple et efficace comme ce « I Found That Essence Rare » très pop/punk façon Buzzcocks ou Clash des débuts. Mais on tombe aussi sur des compos bien plus complexes à l’image de la stupéfiante “Anthrax” et son intro en plein brouillard drone. Un cataclysme arrive pense-t-on alors mais c’est une session rythmique funky en diable qui surgit. Et tandis que Jon King chante l’anti-amour (« l’amour comme de l’anthrax »), Andy Gill au fond de la pièce débite des propos inintelligibles façon écriture automatique. Comme de faux-airs de Lou Reed sur “Sister Ray”. Vous avez dit génial(ement barré) ? Les morceaux s’enchainent, plus parfaits les uns que les autres, on danse, on s’excite, on hurle, on ne s’arrête pas. Jamais. Et on oublie presque qu’en chemin on s’est mangé le tube ultime en pleine trogne. “Damaged Goods” et sa basse fabuleuse, son rythme infernal. “Your kiss so sweet, your sweat so sour“. Ça doit être à ça que ressemble le paradis. Dès sa sortie le morceau s’impose comme un hit ultime, bombardé par John Peel, il est l’indie single numéro 1 des charts. Notez que c’est un peu mieux que Franz Ferdinand (encore un qui leur a tout pompé, au passage..). On vous épargne la liste d’artistes qui ont appris...

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“Incesticide” de Nirvana a 25 ans. Chronique

“Incesticide” de Nirvana a 25 ans. Chronique

Décembre 92. Nevermind a foutu un beau merdier. Le rock est de retour au centre de l’échiquier, des groupes indés condamnés à l’obscurité découvrent la lumière, le rockeur ermite dans sa chambre qui rongeait son frein depuis bien trop longtemps se frotte les mains. L’heure de la vengeance a sonné. A peine le temps de se remettre de “celui qui a tout changé” qu’un nouveau Nirvana déboule dans les bacs. Du pain béni pour Geffen qui a chipé le prodige à Sub Pop et pour les jeunes aficionados qui vont pouvoir écouter autre chose que “Smells Like Teen Spirit”. Encore que… Encore que Incesticide n’est “qu’une” compile d’inédits. Et majoritairement issus de sessions période Bleach, qui plus est. Donc plus crado, plus brut, plus Nirvana finalement (et moins Butch Vig, forcément). Mais les recalés de Bleach et Nevermind ont évidemment une sacrée gueule. La raison est simple : c’est Kurt Cobain qui les a écrits. Et le bonhomme pondait à la pelle des tubes imparables, des riffs colossaux, des refrains diablement évidents et accrocheurs. Donc qu’il y mette moins d’enrobage, moins d’application importe peu (c’est même encore mieux pour qui chérit la facette punk du bonhomme). Parmi les pépites qui ont passé l’épreuve du temps, “Dive” (essaie de l’écouter sans la fredonner ou sans remuer la tête pour voir), “Sliver” et sa ligne de basse innocente avant que l’affaire s’emballe quand grand-mère nous ramène à la maison, “Been A Son” et son “she should have…” qui entame chacun des vers (rictus cobainien) et ajoute une corde à l’arc de l’addiction qui n’en demandait pas tant. Les “Molly’s Lips” et “Son Of A Gun” des Vaselines glissent encore mieux (hum..) avec ce surplus de hargne et d’intensité. Nirvana, roi de la cover, on ne le savait pas encore, excelle également sur celle de Devo “Turnaround” avec ce don de s’approprier des titres comme s’ils étaient de lui. “Polly” se fait ravaler la façade en mode punk et ça fonctionne tout aussi bien que l’original. “Big Long Now” à la fois lourd et désabusé culmine à 5 minutes et annonce idéalement la baffe ultime qui arrive. “Aneurysm”, cela va de soi. Parce que le monde serait moins beau sans “Aneurysm” et que la formule LOUDquietLOUD n’a jamais été aussi bien incarnée. Bon bordel noisy en intro, duo basse/batterie ravageur et la gratte qui vient régler des comptes aux récalcitrants. “Come on over, do the twist ahaaaaa.” C’est parfait, c’est magique. Merci, au revoir. Et on repense toujours la larme à l’œil à ce petit enfoiré du live at Reading qui a dansé sur scène tout le morceau face à Kurt. Culé va. Mais je m’égare et deviens grossier, il est temps...

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