Caspian – The Four Trees

Caspian – The Four Trees

Deux ans après la sortie de leur premier EP You Are The Conductor, Caspian sort le 10 avril 2007 son premier album, The Four Trees, qui vient de fêter ses 10 ans. Composé de 11 titres dont « ASA » et « Some Are White Light », des incontournables de la discographie du groupe, The Four Trees est une ode à la lumière. Ses morceaux instrumentaux sont tous portés par cette beauté harmonieuse dont Caspian a le secret. Les premières notes de « Moksha » suffisent à nous mettre du baume au cœur et le sourire aux lèvres. Pas de grosses prises de risques sur ce disque, les mélodies s’enchainent sur des titres plutôt courts (j’entends pour ce genre musical) mais comme toujours on retrouve cette force, ces guitares puissantes qui montent crescendo vers des notes finales épiques (« Crawlspace », « Book IX »). Néanmoins, on découvre aussi pour la première fois un morceau entièrement acoustique, « Our Breath In Winter », qui laisse entrapercevoir une nouvelle palette musicale au sein de leur univers. On retrouve également des notes acoustiques dans la magnifique « Sea Lawn ». Le mélange de ces doux accords accompagnés des loops électriques rappelant le chant des baleines nous laisse imaginer la beauté des paysages qui entourent le groupe sur La baie du Massachusetts. Emotion partagée avec talent. L’enchainement « The Dove »/« ASA » fait partie des plus belles compositions du répertoire du groupe. Éthérée et intense, l’harmonie entre ces deux morceaux nous laisse sans voix. Le quatuor nous prouvait à nouveau tout au long de cet album très cohérent qu’il n’est pas nécessaire d’apposer des paroles pour nous procurer des émotions. The Four Trees posait ainsi une nouvelle pierre à leur édifice après un You Are The Conductor prometteur, et laissait déjà présager les monuments à venir. Tertia (2009) , Waking Season (2011) , le bouleversant Hymn For The Greatest Generation (2013), et le puissant Dust And Disquiet sorti en 2015, un des meilleurs disques de rock instrumental. Aujourd’hui, Caspian continue d’évoluer et d’apporter de la variété à sa discographie en nous présentant en octobre 2016 le mini film Castles High Marble Bright, entièrement composé d’images capturées par Ryan Mackfall lors de leur dernière tournée européenne. Ce titre nous donne un magnifique aperçu de ce qu’il reste à venir. On a hâte de découvrir la suite.   ET...

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Emma Ruth Rundle – Marked For Death

Emma Ruth Rundle – Marked For Death

Chanteuse et guitariste au sein des groupes Marriages et The Nocturnes, c’est en solo que nous retrouvons Emma Ruth Rundle qui nous offre avec son deuxième album Marked For Death un des disques les plus touchants de cette année 2016. La chanteuse se livre à cœur ouvert comme en témoigne la pochette de son album. Un autoportrait en noir et blanc sans artifices. Seule. Vulnérable. Délaissée. C’est dans un studio perdu dans le désert Californien qu’Emma a composé son album, isolée et livrée à elle-même pendant plusieurs semaines. De ce voyage en solitaire en est ressorti 8 chansons dont les principales thématiques sont l’autodestruction, la mort, la perte, la découverte de soi, les relations humaines difficiles, la spiritualité et l’amour. Les compositions sont envoûtantes et nous révèlent avec intimité une partie de la vie de la chanteuse sans tomber dans un cliché d’artiste dépressive et torturée. Loin de là. L’aura de ce disque est écrasante, ponctuée par des guitares aux reverb sombres et insistantes. Un album aux titres poignants comme « Protection », « Furious Angel » et le refrain déchirant de « Real Big Sky » (“I don’t wanna be awake when it takes me / but I can’t wait to see you smile on the other side / I can’t wait to kiss the face of the big sky / I don’t wanna say ‘goodbye’ to you.”) qui très certainement vous poursuivra. Des mélodies aux sonorités folk et shoegaze, délicates mais aussi dévastatrices à l’image du titre « Heaven ». La voix fragile d’Emma est accompagnée par une guitare acoustique sitôt rejointe par des percussions aux rythmiques presque militaires, nous entrainant avec elle vers un final explosif où son chant devient soudainement déterminé, nous sortant de cette mélancolie pour nous porter vers la luminosité. Au beau milieu de cette tristesse infinie, l’espoir est là. Difficile de ne pas s’attacher à cette artiste après avoir entendu ce bouleversant Marked For Death.   ET   PS : pour la petite histoire, j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec elle lors de son passage à la Maroquinerie (Paris) en octobre dernier où elle jouait en première partie de Wovenhand. En plus d’être talentueuse, Emma est d’une gentillesse infinie. Une personne magnifique....

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Explosions In The Sky – The Wilderness (Temporary Residence Limited/PIAS)

Explosions In The Sky – The Wilderness (Temporary Residence Limited/PIAS)

C’était avec une certaine impatience que nous attendions le nouvel album d’Explosions In The Sky. Cinq ans après la sortie de Take Care, Take Care, Take Care , le groupe d’Austin avait annoncé l’automne dernier une tournée européenne qui nous avait mis la puce à l’oreille. C’est donc début janvier que la sortie de The Wilderness, le sixième album du groupe, a été officialisée dévoilant par la même un premier titre très dynamique « Disintegration Anxiety » . Parfait pour attiser notre curiosité. Cependant, il aura fallu attendre le mois d’avril pour enfin découvrir The Wilderness dans son intégralité. Après une première approche déroutante, l’album se dévoile au fil de ses écoutes et se révèle de plus en plus captivant. Le quartet nous interpelle avec des titres plus courts qui n’ont vraisemblablement rien perdu en intensité. Aucun des neuf morceaux qui le compose ne dépassent 8 minutes. Pour un groupe de post-rock habitué aux longues compositions qui montent crescendo vers un final explosif c’est assez surprenant. Force et émotion sont donc ici au rendez-vous dès les premières secondes. On retrouve pour notre plus grand plaisir des compositions instrumentales, mélancoliques et puissantes mélangeant aisément orchestre mélodieux et samples électroniques. Ce nouveau langage peut en déconcerter plus d’un mais on ne peut nier que l’évolution apportée sur ce disque est une réussite. Des titres comme « Logic Of A Dream » et « The Ecstatics » en sont les illustrations parfaites. La combinaison entre modernité et classique apporte une texture harmonieuse nous invitant à découvrir une nouvelle facette jusqu’ici restée assez discrète au sein de la discographie du groupe. L’univers musical de The Wilderness reflète très clairement l’envie d’Explosions in the Sky d’aller de l’avant. On ressent également dans les intitulés donnés aux différents morceaux, le désir de nous emmener en profondeur à la découverte de nouveaux espaces. Qu’ils soient d’ordres mentaux (« Disintegration Anxiety », « Logic Of A Dream ») ou lunaires (« Infinite Orbit », « Colors In Space »), l’exploration se fait si bien qu’il est difficile pendant l’écoute de ne pas visualiser tout un ensemble d’images étincelantes titiller notre imagination. La magie opère jusqu’au bout avec la magnifique « Landing Cliffs » qui clôture le disque en nous offrant des émotions que nous pensions jusqu’alors insaisissables. Explosions in the Sky ne s’est pas reposé sur ses acquis et prend avec The Wilderness le risque d’explorer de nouveaux horizons. Le travail fourni sur ce sixième album est méticuleux, riche, et d’une cohérence impeccable. On ne peut que s’incliner devant cette envie que possède le groupe de se challenger, d’évoluer et d’élargir ainsi son magnifique univers. ET Retrouvez Explosions in The Sky en live au festival This Is Not A Love Song le 3 juin à Nîmes, et  le 9 juin à Paris au Trianon....

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DIIV – Is The Is Are (Captured Tracks)

DIIV – Is The Is Are (Captured Tracks)

Is The Is Are fait partie de ces albums qu’on a envie de prendre avec soi pour une virée nocturne en bagnole. Composé de 17 morceaux, cet album est long, ce qui nous permet d’entreprendre une virée d’une bonne heure vers des directions lumineuses et mélodieuses au beau milieu des années 80. Le chanteur et producteur de l’album Zachary Cole Smith nous propose quatre ans après la sortie de l’excellent Oshin un deuxième album aux tonalités new wave/dream pop très agréable à l’écoute. DIIV a su conserver ce que les eighties avaient de meilleur, un son planant nous portant vers les plus hauts sommets soutenu par une rythmique impeccable. Le titre d’ouverture « Out of Mind » nous montre le chemin à suivre et c’est sur un riff de guitare cristallin et aérien que nous nous mettons en route. « Under the Sun », single dévoilé par le groupe fin 2015, est tout aussi efficace. « Bent (Roi’s Song) » nous offre une escale très plaisante flirtant délicatement avec le shoegaze. Un style que nous retrouverons sur « Mire (Grant’s song) » nous entraînant au beau milieu d’une magnifique route embrumée où l’obscurité est plus belle que jamais. Les lignes de basse de Devin Ruben Perez, mélodieuses et entêtantes, rappellent indéniablement celles de Simon Gallup (The Cure). On ne peut s’empêcher de trouver beaucoup de similitudes durant l’écoute de l’album avec ceux du groupe de Robert Smith période Kiss me Kiss me Kiss Me et Disintegration. Bien que les deux chanteurs portent le même nom, et qu’il est clair que Zachary Cole Smith a dû être fortement influencé par The Cure, leur style de chant n’a rien en commun. Sur « Valentine », le chant nonchalant de Zachary Cole Smith est néanmoins plein de finesse. Ce titre est l’un des meilleurs que nous propose DIIV sur ce nouvel album. Encore une fois les riffs de guitare nous imprègnent immédiatement. Pas facile de s’en défaire après écoute. La mélancolique « Take Your Time », autre pépite, est tout aussi captivante. Sky Ferreira, alias Madame Zachary Cole Smith, pose sa voix sur « Blue Boredom (Sky’s Song) », un titre cold wave aux intonations pouvant étrangement rappeler Sonic Youth. Le dernier morceau de l’album « Waste of Breath » met fin au voyage. La voix trainante de Smith entre parfaitement en alchimie avec une ligne de basse ténébreuse et un superbe riff de guitare viendra peaufiner le tout. Les deux interludes « Fuck » et « Napa » n’étaient quand à elles pas forcément nécessaires… Beaucoup de belles surprise se dissimulent dans ce long album qui manque un poil de diversité. Lors d’une première écoute, certains morceaux peuvent sembler répétitifs. Il retient néanmoins toute notre attention en ce début d’année grace à ses mélodies captivantes qui feront de ce Is The Is...

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Protomartyr – The Agent Intellect (Hardly Art)

Protomartyr – The Agent Intellect (Hardly Art)

« The Devil In His Youth », morceau d’ouverture du troisième album de Protomartyr, nous renvoie d’emblée à ce que les 80’s avaient de meilleur en Angleterre : du post punk libre, impulsif, souvent identifiable par une voix caverneuse et trainant avec elle des mélodies marquées de riffs sombres et mélancoliques. Pourtant on est bien en 2015 et on a affaire à un groupe tout droit venu de Detroit. Vous me direz la Motor City est aussi grise et industrielle que Manchester et la musique que nous propose Joe Casey est froide et rigide comme celle de Joy Division. « Cowards Starve » et « Clandestine Time » nous rappellent que le post punk est bien un des genres les plus excitants qui soit (n’en déplaise à certains…) ! Les riffs de guitares de Greg Ahee sont tellement efficaces que chaque morceau enterre le précédent pour convoiter le titre de meilleur de l’album. The Agent Intellect nous offre ainsi douze titres aussi riches et complexes que jubilatoires. Beaucoup de tension et de rage rentrée sur « The Hermit » ou « Boyce or Boice », en forme de conflit permanent, qui nous maintiennent en alerte jusqu’au retentissement de la dernière ligne de basse. C’est au contraire un sentiment de nostalgie que procure l’hymne de cet album « Pontiac 87 ». Cette aisance à nous faire passer d’un sentiment à l’autre est totalement déconcertante… et terriblement addictive. Vous réaliserez bien vite que certaines mélodies sont ancrées en vous et qu’il faudra du temps pour vous en dépêtrer. Un album à posséder d’urgence !   ET NB : si vous n’êtes pas loin de la capitale, n’hésitez pas à aller écouter Protomartyr en live le 18 novembre au point éphémère....

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