T-Shirt – Aggravator 2

T-Shirt – Aggravator 2

Influenza records continue de nous faire voyager à la rencontre des amoureux d’indie rock bercés trop près de l’ampli dans les années 90. Cette fois, on n’ira pas aussi loin que la Suède ou les États-Unis, cependant, puisque les nouveaux venus sur le label parisien sont de Lyon. Issus d’une ville réputée pour sa gastronomie généreuse, ils ont décidé de nous offrir la formule entrée-plat-dessert d’entrée de jeu, c’est gentil de leur part. L’entrée, c’est un EP de 4 titres sorti en mars et intitulé My Face At 2:45 AM, qui permet surtout de présenter leur musique à ceux qui n’auraient pas écouté leur EP de 2016. Vu la difficulté à trouver un groupe qui s’appelle “T-Shirt” en faisant une recherche aléatoire sur internet, c’était plutôt une bonne idée. Le plat, c’est donc leur premier album, Aggravator 2, que les lyonnais ont décidé de sortir chez Influenza. Dès les premières notes de n’importe lequel de leurs morceaux, on comprend les affinités qui peuvent exister entre Wonderflu, moteur du label, et leurs cadets de T-Shirt. Un amour commun de la musique des années 90, évidemment, mais également une capacité à composer des morceaux bien foutus et efficaces en 3 minutes 30 maximum. J’exagère, “Sloane” dure un chouïa plus, mais vous comprendrez l’idée, je pense. La particularité de T-Shirt comparé à leurs compagnons de label est d’être un groupe mixte, et j’avoue que les voix féminines manquaient un peu. Bon choix, vu que les morceaux chantés par Léa sont globalement excellents (“Dates And Numbers”, “Hellsender”, “Ride”) même si Luc n’est pas en reste (“Heaven In Vain”, “Hyper”…). Oui, les chanteurs du groupe s’appellent Luc et Léa, on imagine donc que la force est grande chez T-Shirt. Avec un disque très bon mais malheureusement un peu court, on pourrait rester sur sa faim, mais les lyonnais n’ont pas oublié le dessert. Ils nous proposent donc une tournée dans toute la France entre avril et mai (avec un passage par la capitale le 4 mai) pour qu’on puisse vérifier si leur musique est aussi cool sur scène que dans notre salon. Après ça, on sera sans doute repus, et on attendra avec impatience la suite, en espérant qu’ils explorent davantage le potentiel harmonique entre les deux chanteurs qu’on ne fait qu’entrevoir, ici. Mais tant mieux, ça leur laisse une marge de progression après un premier album déjà très convaincant ! Blackcondorguy Aggravator 2 by...

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“Aladdin Sane” de David Bowie a 45 ans. Chronique

“Aladdin Sane” de David Bowie a 45 ans. Chronique

Vous voulez une histoire triste ? Et bien voilà, Aladdin Sane n’est pas reconnu à sa juste valeur. Même s’il arbore la pochette la plus iconique de la carrière de Bowie, il se retrouve en plein milieu des tops 10 qui ont été réalisés sur la carrière de l’artiste depuis sa mort, il ne figure pas dans les listes des 172 albums que vous devez écouter dans votre vie sous peine de vous payer la honte, il est même considéré par beaucoup comme moins bon que Hunky Dory et Low. Low, putain! Et tout ça, c’est parce qu’Aladdin Sane est l’album Panic Room* par excellence. Vous imaginez, passer après Ziggy Stardust ? Difficile de faire aussi bien ! Pourtant, le disque commence presque où le précédent s’était arrêté, avec un “Watch That Man” au rythme rock’n roll endiablé qui n’est pas sans évoquer “Suffragette City”, avec un mixage un peu plus brut et un saxo en rab, et nous offre de fabuleuses perles pailletées (la reprise de “Let’s Spend The Night Together”, qui tient la dragée haute à l’originale, ou “Cracked Actor” et son harmonica diabolique, un des meilleurs morceaux de Bowie). Peut-être, alors, le manque de reconnaissance serait-il dû au fait qu’Aladdin Sane serait un Ziggy Stardust bis ? Là non plus, ce n’est pas le cas. Le morceau titre est une petite bizarrerie pop incluant un solo de piano free jazz, “Panic In Detroit” est en quelque sorte la version rock d’une samba en jungle beat (ça parait très arty à vomir sur le papier, mais c’est irrésistiblement dansant dans les faits), “Drive-In Saturday” reprend des éléments du doo-wop pour un résultat qui donne envie de reprendre en choeur “Doo-doo-wah” à chaque couplet, “The Prettiest Star” s’inspire d’une danse grecque traditionnelle en y ajoutant une touche glam, bref David Bowie est inspiré, inventif, et le résultat souvent à la hauteur ; seule cette dernière offre surtout un moment pour aller pisser, mais le moment parfait pour aller pisser ! Ce ne sont donc pas les morceaux, la plupart sont à tomber avec des mélodies de haut niveau. Écoutez donc la poignante “Time” pour vous en convaincre ! Alors est-ce le concept ? L’artiste étant reconnu pour son univers, un disque qui se contenterait de reprendre la thématique et l’univers de ses années glam serait alors moins intéressant que d’autres ? Là encore, je ne pense pas. Car si Aladdin Sane est dans l’inconscient collectif rattaché à Ziggy pour son côté glam (et sûrement le visuel de sa pochette), il ne s’agit pas ici d’une variation sur le thème du rock’n roll et de la rock star, mais d’un portrait de l’Amérique par un musicien qu’elle repousse autant...

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King Tuff – The Other

King Tuff – The Other

Quand on aime, on ne compte pas, dit-on. Il semblerait que ce ne soit pas tout à fait vrai. Je compte. Dix ans depuis le dernier album de Witch et surtout depuis que j’ai découvert rétroactivement le précédent, qui doit être dans le top 20 de mes disques préférés aujourd’hui, et qui a éveillé mon intérêt pour Kyle Thomas. Six ans depuis le deuxième album de King Tuff, le premier sorti chez Sub Pop, qui enchaine les tubes power pop teintés de glam 70s, qui démontrait un savoir mélodique et une capacité à composer des pépites pop rock hors pair et qui surtout m’avait mis une sacré claque, au point de faire rentrer Kyle Thomas dans ma liste des artistes à suivre coûte que coûte. La seule chose que je ne peux pas compter, c’est le nombre d’écoute des disques sus-cités. Quatre ans depuis le dernier disque de King Tuff, chroniqué ici, et depuis une interview intéressante où l’artiste nous donnait quelques pistes pour entrer dans son univers, notamment son envie de ne jamais vraiment refaire la même chose. Et un écart deux fois plus grand entre le disque qui sort cette année et Black Moon Spell qu’entre ce dernier et celui d’avant. Depuis, une tournée mondiale dans le groupe de son pote Ty Segall, dont je trouvais que la musique avait tendance à déteindre sur Thomas, et de longs mois d’interrogations sur ce qu’allait bien pouvoir devenir King Tuff. Puis trois singles présentés en avance et des réponses qui laissent presque plus de questionnements sur ce qu’allait être le disque. The Other s’ouvre par le morceau éponyme, qui ne respire pas la joie de vivre, longue ballade monotone qui pourra paraitre aussi chiante à celui qui y reste hermétique que sincèrement émouvante. Étonnamment, je suis passé après quelques écoutes de la première à la deuxième catégorie. Après cela, le reste est plutôt homogène, mais paradoxal : c’est toujours de la pop marquée par les années 70, dansante et enjouée à  l’exception des ballades, on sent la patte de King Tuff dans les compositions, mais le style général est plus tourné vers ce qu’on pourrait qualifier de “disco” sans faire vraiment musique de boite, les chansons restent simples mais l’instrumentation plus complexe ; et paradoxal pour moi, l’ensemble est indéniablement de qualité mais ne m’accroche pas du tout. Mine de rien, deux disques déjà de l’artiste avec lesquels je me sens en décalage. Et pourtant, même s’il ne me plait pas trop, je ne peux pas m’empêcher d’y revenir un sourire aux lèvres, de l’écouter avec bienveillance et intérêt. Je ne connais pas Kyle Thomas personnellement, mais j’ai l’impression d’écouter le disque d’un ami qui serait dans un délire musical...

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Dans le bac d’occaz’ #25 : Iron Maiden, Cypress Hill, The Strokes

Dans le bac d’occaz’ #25 : Iron Maiden, Cypress Hill, The Strokes

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz #25 : suggestions pour les années en 1 Iron Maiden – Killers (1981) : suggéré par Santiago de Wonderflu Cher Santiago, Je sais que niveau goûts, a priori, nous sommes sur la même longueur d’onde. Déjà, tu fais partie de Wonderflu, que je considère comme le meilleur groupe parisien de rock actuel et d’Influenza Records, qui nous fournit régulièrement en bons disques. En plus, je connais ton aversion pour les synthés et la musique années 80. Bref, tu es un mec bien. Alors pourquoi m’avoir conseillé ce disque ? Un souvenir honteux de jeunesse, une madeleine de Proust nanarde, une vraie considération assumée ? Je t’avoue que j’ai eu des doutes. Puis j’ai réécouté un disque de Metallica qui traînait sur mon étagère depuis longtemps et j’ai un peu revu mon jugement. Car, si j’ai beaucoup plus apprécié ce dernier, je dois reconnaître qu’en écoutant Iron Maiden, la filiation est flagrante. Et on sent une influence punk, ou du moins une volonté de puiser des éléments de ce courant musical, qui rend leur hard rock différent de ce qui pouvait se faire avant. Je comprends complètement qu’ils aient lancé une nouvelle vague dans le genre. Et c’est moins craignos à écouter que leurs albums plus connus, Number of the Beast, Fear of the Dark et compagnie. Cependant, peut-être parce que je ne les ai pas écoutés ado, les morceaux ne me font pas grand-chose et ça tombe déjà trop souvent dans les mauvais côté du heavy metal (chansons trop longues, voix suraiguë, solo branlette…). Bilan, je n’y reviendrai pas mais je comprends ce que le groupe a pu apporter à l’époque. Cypress Hill – Cypress Hill (1991) – Suggéré par PC Cher PC, Merci de continuer à approfondir ma culture hip-hop. Je connaissais évidemment le gros tube de Cypress Hill “Insane In The Brain”, mais pas tellement le reste de leur discographie. J’avais écouté vers l’époque de sa sortie Skull & Bones que j’avais trouvé anecdotique, pour être sympa, et ça ne m’avait pas vraiment donné envie d’aller plus loin. Aujourd’hui que j’ai mûri et je suis prêt à remettre en question mes a priori, je suis très content de pouvoir me rattraper. Je devais être le dernier à ne pas connaître les classiques du groupe, mais au cas où...

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Don’t Look Back #2 : Metallica – Ride The Lightning

Don’t Look Back #2 : Metallica – Ride The Lightning

On a tous des albums qu’on a rayés à force de trop les écouter, des disques de chevet qui nous ont suivis intensément pendant des années (ou des mois, ou des semaines) et qu’on a fini par laisser de côté, soit par lassitude, soit parce qu’on est passé à autre chose. C’est la vie. Que se passe-t-il quand on ressort ces albums dix ou quinze ans après ? Exercice complémentaire du bac d’occaz, BCG se plonge dans des albums qu’il connait parfois sur le bout des doigts… mais qu’il n’a pas réécoutés depuis une éternité. Au début : Vers 17 ans, je commence à me faire une culture musicale. Ce n’est pas que je n’écoutais rien avant, mais n’étant pas issu d’une famille de mélomanes, mes découvertes s’étaient principalement faites par le biais de mon frère aîné et de la radio. Mais là, c’est fini, et je parcours les chemins semés d’embûches de la découverte autodidacte. Même si pour être honnête, certains amis m’aiguillent un peu. À côté d’une dose presque létale de rock japonais, je veux du gros son qui tâche, je me convainc donc que le métal est fait pour moi. Il faut dire que j’ai commencé la guitare et que j’ai des rêves de devenir guitar hero. Parmi les groupes du genre, celui que je préfère et de loin, peut-être parce que c’est un des seuls que j’apprécie vraiment d’ailleurs, c’est Metallica. Et dans leur déjà pléthorique discographie, ma préférence va à Kill ‘Em All et Ride The Lightning. J’abandonne vite l’idée de savoir un jour jouer les solos de Kirk Hammett, flemmard comme je suis, mais je dois reconnaître qu’à l’époque, j’en rêve. Après : J’ai grandi , j’ai mûri, et j’ai définitivement compris que le metal n’était pas mon truc. Il faut dire que je suis retourné à mes amours punks, que j’ai découvert le rock indé et aussi que j’ai perdu ma virginité, 3 bonnes raisons de ne plus écouter ce style de musique. Je ne renie pas ma période Metallica pour autant, mais j’ai du mal à m’enquiller 10 minutes de thrash à la suite ; vu que c’est la longueur moyenne d’un morceau, je n’imagine pas me réécouter un album en entier. Il y a encore quelques titres qui squattent régulièrement mes playlists, mais ça reste très minoritaire. Une tentative d’écouter Master of Puppets en intégralité pour rendre hommage à un pote se solde par un échec. Maintenant : Je mets Ride The Lightning sur la platine pour la première fois depuis peut-être 10 ans, et étonnamment je rentre assez facilement dedans. Même les chansons interminables comme le morceau éponyme ne me sont pas désagréables ; j’irai même jusqu’à dire que...

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