The Beths – Jump Rope Gazers

The Beths – Jump Rope Gazers

(Carpark, 10 juillet 2020) Chercher à découvrir de nouveaux groupes, c’est un peu comme rechercher une relation par internet. On peut aller sur des sites de rencontre énormes qui vont vous proposer régulièrement des artistes par petits bouts de morceaux noyés dans des playlists généralistes, ou par suggestions calquées sur l’algorithme de vos goûts. Ou alors, on peut se laisser guider par un entremetteur qui va vous présenter des groupes qui lui semblent susceptibles de vous plaire selon ce qu’il connait de vous. Réticent à spotify, deezer et compagnie, je suis plutôt dépendant des entremetteurs, dont le plus actif est sans nul doute le rédacteur en chef de ce webzine. Le problème, c’est que l’âge avançant, je deviens de plus en plus têtu, et les choux blancs qu’il a parfois pu faire me rendent plus hésitant à aller écouter les liens dans les mails qu’il m’envoie, à moins que la description proposée fasse totalement mouche. Ce fut le cas avec The Beths. Déjà, un groupe dont le nom évoque le plus beau morceau craignos de Kiss* ne peut qu’attirer mon attention favorablement. Mais aussi, il semble qu’en vieillissant, les critères de mes goûts se sont drastiquement simplifiés : quand on me propose du rock indé teinté d’une esthétique années 90 avec des arrangements vocaux à plusieurs voix, des paroles « introspectives et ironiques » (dixit le communiqué de presse) et des mélodies bien troussées, j’écoute. Si on ajoute à ça une voix féminine, je craque. Et si en plus, les chansons sont accrocheuses, je suis conquis. La technique d’accroche, parfois un peu insistante, a également son rôle à jouer. Là, on a essayé de m’appâter en me précisant que le groupe a déjà ouvert les hostilités pour les Breeders, Pixies, ou encore Weezer. Et pour le coup, j’avoue que ce genre de promotion assez lourde, où on essaie d’impressionner pour se montrer sous un jour plus séduisant, me laisse assez circonspect. Si tu es intéressant, peu importe ton CV, je t’écouterai pour toi-même et pas pour les groupes que j’aime que tu as déjà côtoyés. Reste donc maintenant l’épreuve de la rencontre. L’autre sera-t-il aussi charmant que son image le laisse paraitre ? Sera-t-il à la hauteur de ses promesses ? N’aura-t-il pas des défauts rédhibitoires imprévisibles qui vous feront ranger le disque aussi vite que vous l’avez sorti ? Heureusement, The Beths se révèlent aussi agréables que leur profil le laissait entendre. Accroche immédiate avec le punky « I’m Not Getting Excited », à croire qu’ils savent exactement comment m’aborder. Et s’ils se calment assez vite, ils restent dans un registre de power pop sautillante tout aussi plaisant (« Acrid », « Don’t Go Away »), basculant parfois...

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Wylde Ratttz – Wylde Ratttz

Wylde Ratttz – Wylde Ratttz

(1er avril 2020… enregistré en 1997) Vous pensiez que, sous prétexte qu’on est un webzine entièrement dématérialisé, que nous sommes sur les réseaux et que nous avons diversifié notre offre avec des playlists, des DJ sets (RIP) et des concerts, nous étions modernes et dans le coup ?  Allons, quelques indices auraient pu vous mettre la puce à l’oreille : nous parlons principalement de rock, et pire, de rock indé (et pire encore, certains d’entre nous ont une fascination pour la musique des années 90), nous sommes principalement présents sur Facebook, le réseau social des vieux qui pensent encore être jeunes et pour ce qui est de diversifier notre activité, nous le faisons à pure perte sans aucun business plan efficace. On a même lancé une rubrique bd, comme si on se prenait pour un vrai magazine culturel, tout cela aurait dû vous alerter. La seule chose qui nous distingue de rock&folk aujourd’hui, c’est que nous ne portons pas de perfectos et que nous n’avons jamais dit de bien des groupes de baby rockers à la con qui ont complètement disparu depuis le milieu des années 2000. Et que les membres de notre rédaction sont trop jeunes pour avoir entendu en direct l’appel du 18 juin, accessoirement. Bref, quand on voit surgir de nulle part en plein confinement un album inédit sur lequel ont participé Ron Asheton (là, on rejoint R&F), Mark Arm (Mudhoney), Mike Watt (Minutemen, fiREHOSE), Thurston Moore, Steve Shelley (Sonic Youth) et Don Fleming (Gumball)*, on est tenté de le propulser album de l’année direct sans même l’avoir écouté. Quand bien même l’enregistrement date de 1997, au contraire, c’est presque un argument supplémentaire pour envoyer chier toute la production actuelle. Pour situer un peu, le groupe s’appelle Wylde Ratttz et a servi à agrémenter la BO du très anecdotique Velvet Goldmine, film des années 90 sur la scène glam un peu trop focalisé sur le fantasme homosexuel qui tournait autour. Au-delà de Christian Bale nous offrant la scène de masturbation la plus ridicule de l’histoire du cinéma et d’un caméo de Brian Molko en Mark Bolan, le film proposait surtout une prestation assez marquante de “TV Eye” par Ewan Mc Gregor dans le rôle d’Iggy Reed, et les Wylde Ratttz en formation restreinte lui servaient de backing band. Ce morceau et une compo originale s’étaient retrouvés sur le disque de la BO. Des rumeurs faisaient état de sessions assez productives, mais rien n’était venu le confirmer. Or aujourd’hui, 23 ans après le film et 10 ans tout pile après le décès de Ron Asheton, 10 morceaux refont surface sur le bandcamp du groupe et viennent former ce qui apparaît comme leur premier album. Dès le premier...

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Dinosaur Jr : Lou Barlow joue un extrait du prochain album et confirme qu’il est enregistré

Dinosaur Jr : Lou Barlow joue un extrait du prochain album et confirme qu’il est enregistré

Lou Barlow fait partie de ces artistes qui ont cherché à nous faire passer le meilleur confinement possible en proposant régulièrement des concerts en direct de chez lui où, seul à la guitare ou à l’ukulele, il joue des morceaux de son répertoire solo et de ses différents groupes. Ainsi, les fans ont pu voir des morceaux variés dans des versions particulièrement simples et touchantes (ce qu’est déjà la musique de Lou, même quand elle est noyé dans des vagues de distorsion). Mais si cela ne vous suffisait pas à nous rendre heureux, il a interprété cette fois un nouveau morceau de Dinosaur Jr et balancé ce qui est sans doute la meilleure nouvelle de l’année : le prochain album du groupe est enregistré et actuellement en cours de mixage chez John Agnello. On peut espérer le voir sortir avant la fin de l’année et, s’il est à la hauteur de ses ainés, se poser en concurrent sérieux pour le top 2020. Si vous voulez vous faire plaisir, profitez-en si ce n’est déjà fait pour regarder les lives de Lou Barlow sur sa page facebook. Vous pouvez aussi lui verser un petit tip pour le remercier et l’aider à se remettre du confinement. Blackcondorguy Tous nos articles sur Dinosaur Jr (chroniques, discographie) Tous nos articles sur Sebadoh et Lou Barlow (chroniques, live report,...

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PLAYLIST – Fountains Of Wayne en 20 morceaux

PLAYLIST – Fountains Of Wayne en 20 morceaux

On apprenait la semaine dernière avec beaucoup de surprise et de tristesse le décès d’Adam Schlesinger, ce qui m’a donné envie de me replonger dans la discographie de Fountains Of Wayne. Vous pouvez toujours commencer par leur tube le plus connu (du moins outre-Atlantique), “Stacy’s Mom”, mais vu que c’est un de ceux qui me plait le moins, je vous propose une alternative de 20 titres avec des singles et des choses un peu plus discrètes glanées sur leurs 5 albums. Bonne écoute...

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Interview confinement – Nick Oliveri (Mondo Generator, QOTSA, Kyuss)

Interview confinement – Nick Oliveri (Mondo Generator, QOTSA, Kyuss)

À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Pendant le confinement, nous avons souhaité interroger des artistes et des professionnels de la musique sur la manière dont ils vivent cette situation et sur l’impact qu’elle a sur eux, afin de mieux comprendre comment chacun est touché et gère la crise. On commence avec Nick Oliveri. Ancien membre des Queens Of The Stone Age et Kyuss, il a aussi joué ou collaboré avec les Dwarves, Svetlanas, Moistboyz, Turbonegro, Winnebago Deal ou encore Slash. Il dirige son groupe Mondo Generator depuis plus de 20 ans aujourd’hui (dont l’excellent Fuck It est sorti fin février) et fait aussi régulièrement des tournées solos sous le nom Death Acoustic. (ENGLISH VERSION BELOW) Comment vivez-vous le confinement au quotidien ? Continuez-vous des activités liées à la musique ? J’ai un studio à Los Angeles et je vais en voiture de Joshua Tree à L.A. tout le temps. Même pendant le confinement ! On ne m’arrêtera pas ! Hahaha. C’est cool, sans les embouteillages. Je croise des militaires, la police, des camions de pompiers, des ambulances et des poids lourds, mais la plupart des gens sont terrorisés par les médias et restent isolés. Quel impact a eu le confinement sur votre activité ? Déjà, ça a salement touché les finances de la tournée en annulant les deux derniers concerts et on a dû acheter des vols retours à partir du Royaume-Uni, alors qu’on avait des hôtels et de quoi vivre pour quelques jours de plus. Et ça m’a encore frappé parce qu’une partie des tournées de Mondo Generator et des Dwarves ont été annulées. C’est mon boulot, et c’est avec ça que je paie mes factures. Là, je suis au chômage jusqu’à septembre et ça fait beaucoup de jours et de mois sans AUCUNE rentrée d’argent, et il n’y a pas d’aide gouvernementale pour les musiciens car nous sommes auto-entrepreneurs et beaucoup d’entre nous n’ont pas un statut d’entreprise. Donc aucune aide, on est juste fauchés. Mais on survit… j’imagine. Je veux juste dire que les maladies arrivent partout dans le monde et tout le temps. Parfois, c’est une grippe qui tue CERTAINES personnes, parfois la guerre, parfois le cancer, la drogues… cette fois, c’est le COVID-19. Quand ton heure est venue, ton heure est venue (ça vaut pour moi aussi). Il y a beaucoup de gens dans le monde, et c’est une manière de réguler la population. C’est ce que font les gouvernements depuis toujours. C’est (probablement) une maladie créée en laboratoire pour “réduire” un peu le nombre. Parce que c’est ce que nous sommes pour eux, un taux, un nombre. Pour ma part, je n’ai jamais vécu enchainé par la peur de dieu, de la maladie ou...

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