Mudhoney – LiE

Mudhoney – LiE

Un nouveau Mudhoney, c’est toujours une occasion de se réjouir. Un live de Mudhoney, c’est toujours une occasion de se réjouir. Alors pourquoi ce nouveau live de Mudhoney ne serait-il pas une occasion de se réjouir ? Simplement parce que c’est le cinquième disque live du groupe depuis 10 ans (sixième si on compte le split avec les Melvins et septième si on inclut le disque bonus de l’édition deluxe de Superfuzz Bigmuff) et qu’il souffre des mêmes défauts que quasiment tous les autres. Déjà, il est trop court. 11 titres pour un album live d’un groupe comme Mudhoney, c’est comme si on les cantonnait à une première partie ou à une prestation de festival à 14h30. Honteux. Ensuite, il contient beaucoup de morceaux dont il existe déjà des versions live de très bonne qualité : la moitié sont déjà sur des disques lives de Sub Pop (et “What To Do With The Neutral”, “I’m Now” et “The Final Course” sont même tous les trois sur les 3 derniers lives du groupe !) et seuls 2 ne se trouvaient sur aucun disque officiel. Ce qui laissera au fan moyen un goût de déjà vu, au complétiste une vraie déception d’avoir si peu d’exclusivités. Là, c’est le point de vue du fan qui a déjà écouté en boucle tous les précédents albums live et qui en possède la plupart. En revanche, en étant moins pointu, on se prend quand même une bonne claque, car Mudhoney en live, c’est excellent, et au niveau de la prise de son, on s’y croirait. En plus, les morceaux sont tous très bons, et les deux exclusivités sus-cités sont “Editions Of You”, face b rarissime, et “Broken Hands”, une des plus belles chansons du groupe. L’interprétation est parfaite, l’énergie palpable, bref, c’est une captation live de haut niveau. Au final, même si le fan hardcore que je suis regrettera de ne pas avoir d’autres morceaux joués sur cette tournée (“Sonic Infusion”, “1995”, “Flat Out Fucked”, “F.D.K.” ou “Something So Clear”, par exemple), la seule vraie frustration est la durée trop courte du disque, qui donne furieusement envie de se le remettre. Cet album live ne laissera certainement pas sa trace dans l’Histoire de la musique, ni dans celle de Mudhoney, d’ailleurs, mais il s’écoute avec un putain de plaisir, et ça reste le principal, non ? BCG   LIRE L’INTERVIEW DE...

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The Love-Inns – Split Lip

The Love-Inns – Split Lip

Il y a un moment où on se rend compte qu’on vieillit. Si la chute des cheveux, la difficulté à se remettre d’une soirée arrosée ou la propension plus fréquente à préférer rester posé chez soi plutôt que de sortir ne suffit pas, on peut aussi compter le nombre de fois où, avec l’attitude blasée de circonstance, on écoute un disque en se disant “en ce moment, plus rien ne me fait d’effet. Et ça ressemble à tel ou tel groupe.” On peut aussi prendre un coup de vieux en se rendant compte qu’on est passé à côté de beaucoup de sorties musicales alors qu’on avait l’habitude d’écouter tout ce qui sort, qu’on a le coup de foudre pour un album qui n’existe qu’en format dématérialisé (“quoi ? Un album peut sortir autrement qu’en vinyle ou en cd ??”) ou que les musiciens qui ont écrit l’album en question n’ont même pas – ou à peine – vingt ans. Pourtant, on devrait savoir que le rock est un truc de jeunes, mais la plupart des gens qui en parlent sont des vieux cons blasés et nostalgiques, ça induit en erreur… J’imagine que vous vous foutez complètement de mon coup de vieux et que vous préférerez que j’aborde mon coup de foudre. Je mentirais en vous disant que The Love-Inns ne m’évoque absolument aucun autre groupe, elles ont quand même un morceau qui s’appelle “Nirvana” et un autre “Glown (In Bloom)” et je ne serais pas étonné qu’elles aient été bercées au punk rock féministe et engagé des années 90 et à la formule LOUDquietLOUD, mais leur arme pour dépasser la nostalgie blasée, ce sont simplement d’excellents morceaux. Énergie punk conjuguée à des mélodies pop simples et efficaces, le tout avec des harmonies vocales bien troussées, et des voix qui se complètent super bien en plus. Il n’en faut pas davantage pour me convaincre, et je ne peux que vous renvoyer au pont de “Dust Factory” où les deux voix se retrouvent seules avant que les instruments ne reprennent pour tenter de convaincre à mon tour, l’effet est redoutable. C’est bien simple, le disque (pardon, l’album, il n’y a pas de disque…) ne contient que des tubes potentiels assez irrésistibles et ce, que The Love-Inns fassent dans le punk débridé (“Don’t hit On Me”), calment le jeu (“Basterd”, “Summer Leaves”) ou opèrent dans un registre plus indie rock (“Nirvana”, “Asthma”). Ajoutez à ceci que le groupe sait placer le petit plan judicieux qui sublime un morceau (le ralentissement final de “Fuckboi”, autre putain de tube, ou l’accélération au milieu de “Split Lip”) et vous comprendrez pourquoi il n’y a absolument rien à jeter. Et que si j’avais découvert ce disque un peu...

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Dans le bac d’occaz’ #22 : Backyard Babies, Ty Segall, Grant Hart

Dans le bac d’occaz’ #22 : Backyard Babies, Ty Segall, Grant Hart

Une fois n’est pas coutume, pour ce bac d’occaz de fin d’année, BCG n’a pas déterminé ses choix en fonction des années de sorties d’albums (années en 1, 2, 3…) mais s’est appuyé sur les suggestions de camarades aux goûts (plus ou moins). Voici ses impressions.   Dans le bac d’occaz’ #22 : les suggestions de fin d’année 2   Backyard Babies – Total 13 (1998) : suggéré par Happy Friday Chère Happy, Merci d’être tellement assidue à cette rubrique que tu m’as fait deux propositions. Ou alors, c’est que je n’ai pas assez d’amis. Alors, autant la dernière fois tu m’avais trouvé quelque chose d’assez inattendu et très intéressant, autant cette fois tu as plutôt tapé dans ma zone de confort, mais avec un disque dont l’intérêt est limité. En fait, ce disque des Backyard Babies évolue dans un style qui m’est très familier, un rock burné qui porte haut et fort les influences des Ramones et des Stooges période Raw Power, avec un petit quelque chose de californien, comme le faisaient quelques groupes scandinaves à la même époque. Le problème, c’est que parmi ces groupes scandinaves il y a notamment Turbonegro, une de mes références absolues, et que la même année que ce Total 13, Turbonegro sortait Apocalypse Dudes, et c’était quand même beaucoup mieux dans le genre. Du coup, difficile d’accrocher à Total 13, qui en plus lorgne plus vers le rock d’ado vénère, plus californien, parfois limite métal. Ceci dit, j’écoute ce disque 15 ans trop tard, mais je suis sûr que j’aurais pu l’adorer à une époque. Ty Segall Band – Slaughterhouse (2012) : suggéré par JL et les adorateurs de Ty Segall Chers JL et cie, Difficile d’approcher l’écoute d’un artiste avec lequel on m’a autant gavé sans une once de mauvaise foi, je l’avoue. Il n’empêche que je pense avoir fait preuve de remise en question plus d’une fois dans cette rubrique, et certains groupes ont été réhabilités à mes yeux même s’il a fallu de nombreuses années. Ceci étant dit, j’ai écouté Slaughterhouse dont tu m’as dit qu’il était parmi les sommets de Segall et… J’aurais pu me défouler un peu et tirer à boulets rouges sur ce disque, avec un peu de mauvais esprit, mais je vais me contenter de dire ce que j’en ai pensé le plus simplement possible : Segall et son groupe proposent une musique qui mélange des influences punk et pop 60s anglaise avec un son garage crado. C’est un style dans lequel il est loin d’être le seul à officier, et il fait indubitablement partie des figures de proue, mais pour avoir récemment écouté Blood Visions de Jay Reatard qui date de 2006, et qui...

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Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

On va faire simple et concis, et la musique de Sweet Apple s’y prête bien. Il y a des moments comme ça où on a l’impression que tout se met en place pour nous plaire. En l’occurrence, en bon fan obsessionnel de Dinosaur Jr, tout projet qui inclut J Mascis aura toujours mon attention. Si on y rajoute le bassiste de Witch, je suis encore plus attentif. Si on y met en plus deux membres, dont le chanteur/guitariste/compositeur de Cobra Verde, groupe que j’apprécie plutôt pas mal si on se réfère à mon bac d’occaz (et qui sert occasionnellement de backing band à Guided By Voices, dont la réputation est plus qu’honorable), alors le projet a d’office tout mon respect. On en était là en 2010 avec la sortie de leur premier disque. En 2014, The Golden Age Of Glitter rajoutait à ça Mark Lanegan et J Mascis lâchait les fûts pour un solo de guitare par-ci par-là sur quelques morceaux. Belles cerises sur le gâteau. Pour un disque qui rendait hommage, sans se prendre trop au sérieux, au hard-glam des années 70, on pouvait juste regretter que l’ensemble évoque si peu Alice Cooper, alors même que le groupe avait repris “Elected” sur un single. C’est chose faite : Sing The Night In Sorrow reprend la formule Cobra Verde+Witch+Lanegan+solos de Mascis+Robert Pollard et y rajoute un côté Alice Cooper indéniable sur pas mal de titres (“World, I’m Gonna Leave You”, “You Don’t Belong To Me”, “She Wants To Run” ou “Thank You” en tête), quelques ballades indés (“A Girl And A Gun”, “Crying In The Clouds”, “Summer’s Gone”), un morceau qui reprend le titre du disque dans un final mémorable (“Candles In The Sun”) et une intro sur laquelle on pourrait limite trouver du Queens Of The Stone Age des débuts (“(My Head Is Stuck In The) Traffic”). Bref, autant de choses que j’adore sur un seul album, c’était clairement noël en juillet ! BCG   LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 1 DE DINOSAUR JR LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 2 DE DINOSAUR JR LIRE LA CHRONIQUE DE WITCH – WITCH LIRE LA CHRONIQUE DE J MASCIS – TIED TO A STAR LIRE L’INTERVIEW DE MARK...

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Dans le bac d’occaz’ #21 : Deep Purple, The Dexys Midnight Runners, Eric’s Trip

Dans le bac d’occaz’ #21 : Deep Purple, The Dexys Midnight Runners, Eric’s Trip

Une fois n’est pas coutume, pour ce bac d’occaz de fin d’année, BCG n’a pas déterminé ses choix en fonction des années de sorties d’albums (années en 1, 2, 3…) mais s’est appuyé sur les suggestions de camarades aux goûts (plus ou moins) sûrs qui sévissent sur le forum des amis de Xsilence. Voici ses impressions.   Dans le bac d’occaz’ #21 : les suggestions de fin d’année 1     Deep Purple – In Rock (1970) : suggéré par Chaos Cher Chaos, Tu m’as suggéré cet album de Deep Purple en me disant en substance que les clichés sur ce groupe étaient nombreux, et qu’il méritait une écoute plus approfondie et bienveillante. Notamment ce disque. Je dois reconnaitre, comme tu t’en doutais certainement, que je fais partie de ceux qui avaient une opinion préalable plutôt mitigé de Deep Purple. En fait, je n’avais jamais entendu un morceau d’eux qui m’avait plu, et je n’avais pas entendu que “Smoke On The Water”. Après avoir écouté In Rock, j’avoue que je me méprisais sur une chose : je pensais que le hard-rock pur et dur avec débauche de solos, chants poussés au bout de l’improbable et des aïgus, tous claviers dehors, n’existait pas encore au début des années 70, que seuls Led Zeppelin et Black Sabbath en posaient les bases pendant qu’Alice Cooper et des groupes comme Slade s’adonnaient à un proto-hardrock encore trop glam pour être autre chose et que c’est Kiss et AC/DC qui allaient vraiment lancer le genre. Et bien non, 3 à 5 ans avant les autres, Deep Purple sortait un album de hard pur jus et en cela, on peut les considérer, si ce n’est comme des précurseurs, au moins comme des pionniers. Cependant, je trouve qu’ils ont déjà également tous les mauvais côtés du gens, morceaux 8 fois trop longs (insupportable “Child In Time”), lourdeur, les titres qui ne tiennent que sur le gros son, les solos et le déballage technique (insupportable “Child In Time”!!!), mais absolument pas le côté cool, fun, limite dansant, si tant est que secouer la tête d’avant en arrière c’est danser, des groupes que j’ai cités dans le paragraphe précédent, le talent d’écriture d’Alice Cooper ou la noirceur poisseuse et envoûtante de Black Sabbath. Bref, je m’étais mépris sur Deep Purple, mais pas sur le fait que je n’aimais pas ce groupe. Comme quoi, des fois, on peut s’attacher à ses a priori.         The Dexys Midnight Runners – Searching For The Young Soul Rebel (1980) : suggéré par Happy Friday Chère Happy Friday, Quand tu m’as proposé Searching For The Young Soul Rebel en me disant “ce disque a tout pour me déplaire, et pourtant je...

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