Supergrass : un inédit, un coffret et une date à Paris

Supergrass : un inédit, un coffret et une date à Paris

Alors que les fans d’Oasis espéraient la reformation du groupe mancunien cet été à Glastonbury, c’est un autre groupe culte de la britpop qui vient d’effectuer son retour vendredi dernier en montant sur la scène de la Pilton Party du Glastonbury, j’ai nommé Supergrass. Dans la foulée, la formation pop-rock anglaise la plus talentueuse de sa génération vient d’annoncer une tournée en 2020. Une reformation assez inespérée, chacun de ses membres ayant attaqué une carrière solo. Leur grand retour à Paris se déroulera sur la scène du Casino de Paris le 4 février prochain. Les places seront en vente le vendredi 13 septembre à 9h et devraient s’arracher très vite… Le groupe a par ailleurs annoncé la sortie d’un coffret Best Of Supergrass: The Strange Ones 1994-2008 pour célébrer le 25e anniversaire de la sortie de I Should Coco le 24 janvier 2020 sur BMG. Il contiendra les six albums originaux du groupe sur picture disc LP et CD, des CD bonus de prestations live inédites, des B-sides, des remixes, des raretés studio, des démos, des versions acoustiques, quelques étrangetés, de nouveaux mixes, un livret deluxe, des posters et des badges. Au total, c’est plus de 6 heures d’inédits qui seront regroupés dans ce coffret pour le moins garni. En attendant, on s’écoute le premier titre dévoilé, une reprise de « Next to You », de The...

Lire la suite

The Raconteurs – Help Us Stranger

The Raconteurs – Help Us Stranger

(Third Man/PIAS, 21 Juin 2019) Ça commençait à faire long. 11 ans très exactement depuis le dernier album des Raconteurs, supergroupe formé par Brendan Benson et Jack White aux compositions et guitares, la section rythmique des Greenhornes – Jack Laurence à la basse et l’excellent Patrice Keeler à la batterie -, ainsi que Dean Fertita (Queens Of The Stone Age, Dead Weather). Derrière eux, deux albums de rock 60’s teintés de blues et de folk : Broken Boy Soldier enregistré en 2004 dans leur Detroit natal avant de poser leurs valises à Nahsville, terres du blues par excellence, pour Consolers Of The Lonely en 2008. Depuis une tournée live en 2011, chacun était bien occupé. Brendan Benson a sorti deux albums (What Kind of World en 2012 et You Were Right en 2013), les Greenhornes ont publié un 4 titres avec leur idole Eric Burdon ; Jack Laurence, Dean Fertita et Jack White ont sorti un album peu convaincant des Dead Weathers. Fertita apparait aussi sur les 2 derniers albums des QOTSA (pas sûr que ce soit la meilleure des références en ce qui concerne le dernier…), quant à Jack White, en plus de gérer son label Third Man Records, il a sorti 3 albums solos. On ne se mouille donc pas trop en disant que nos petits gars sont loin de se la couler douce depuis quelques années, mais ils ont fini par trouver le temps de regagner le studio pour se consacrer à ce Help Us Stranger qui nous intéresse ici. Après la sortie des 3 premiers singles (“Sunday Driver”, “Bored And Razed” et la magique “Help Me Stranger”), les Raconteurs ont lancé leur tournée mondiale et eu la bonne idée de s’arrêter à l’Olympia le 26 mai dernier . Tous ceux présents ce soir-là peuvent le confirmer, les Raconteurs ont gardé leur redoutable efficacité et les nouveaux titres se marient à merveille avec les anciens sur scène (live à retrouver sur le podcast du 05 juin dernier de l’excellente émission “Very Good Trip” de Michka Assayas sur France inter). Une fois l’adrénaline de ce concert redescendue, soit quelques semaines après tout de même, il ne reste plus qu’à attendre impatiemment de pouvoir poser le diamant sur le successeur de Consoler Of The Lonely. Le retour de la formation de Nashville était certes attendu de pied ferme par ses aficionados, mais les dernières productions de Jack White, les médiocres Boarding House Reach et Dodge and Burn des Dead Weathers, n’étaient pas de nature à rassurer. Heureusement, les Raconteurs peuvent se targuer d’être un véritable groupe où chacun a sa place ; White sait rester dans l’ombre quand il le faut et Benson prendre le lead sur ses...

Lire la suite

King Gizzard & The Lizard Wizard – Fishing For Fishies

King Gizzard & The Lizard Wizard – Fishing For Fishies

(Flightless/ATO, 26 avril 2019) Après avoir réussi haut la main l’exploit de sortir 5 albums en 2017, suivis d’une tournée interminable dans les contrées lointaines au-delà des océans et divers murs de son Australie natale, le roi Gésier revient, avec son magicien lézard, plus apaisé. Il nous propose un boogie/blues délaissant les multiples pédales d’effets pour s’appuyer principalement sur harmonica, flûtes, piano et autres guitares acoustiques, le tout pour mieux nous ramener à une atmosphère psychédélique dont ils sont actuellement les plus éminents représentants. L’éponyme « Fishing For Fishies » et la bien nommée « Boggieman Sam » donnent le ton avec leur groove boogie en ouverture de ce 14ème album. Le décor est planté, nous sommes au fin fond du bush australien et nous n’en ressortirons pas indemne. Pendant l’intégralité de Fishing For Fishes le “trio” guitares/batteries/harmonica nous entraîne du blues boogie classique vers le psyché sans donner d’impression de répétition, grâce notamment à la superposition de divers instruments (piano, harpe, flûte traversière)… A noter l’énormissime “This Thing” et son intro so groovy qui vire au psychédélisme envoûtant à mesure que le morceau progresse. C’est la pépite de l’album et elle risque de vous rester longtemps en tête. Elle est d’ores et déjà en pôle position pour être la chanson la plus “cool” de l’année après “C” des Oh Sees l’année précédente (NALADNCRC* : oui je sais, je n’ai pas pu m’empêcher de citer la bande de Dwyer mais je jure que ce n’est pas pour atteindre un nombre de lignes minimum. Vu nos tarifs élevés, la question aurait pu légitimement se poser… ou pas). Revenons à l’essentiel et à la conclusion de cet album. Stu Mackenzie y invente avec brio le boogie futuriste avec “Cyboogie”. Belle manière de clôturer les débats avec originalité. Nous trépignons déjà d’impatience à l’idée de retrouver ces morceaux sur scène le 14 Octobre prochain à l’Olympia ! Quelques semaines après la sortie de cet album, Roky Erickson s’est éteint. C’est sans feu ni sang que King Gizzard & The Lizard Wizard prend sa place sur son trône pour régner sur le royaume du psychédélisme. Alain Dutertre *Note à l’attention de notre cher “réd’chef” LIRE LA CHRONIQUE DE QUARTERS! LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MÂCHÉ DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE FLYING MICROTONAL BANANA LIRE LA CHRONIQUE DE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK EAST LIRE LA CHRONIQUE DE POLYGONDWANALAND LIRE LA CHRONIQUE DE GUMBOOT SOUP LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD & THE LIZARD...

Lire la suite

Dirty Deep – Tillandsia

Dirty Deep – Tillandsia

(Deaf Rock, 30 novembre 2018) Nous avions déjà pu constater le talent de Dirty Deep lors du festival de Binic quand il était venu défendre Back To The Roots, son premier album, il y a une dizaine d’années. A l’époque, le groupe n’était incarné que par Victor Sbrovazzo qui œuvrait en mode one man band. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et la tête pensante du groupe est désormais entourée d’un batteur et d’un bassiste, à l’heure de livrer son 4ème album sous le label strasbourgeois Deaf Rock Records. Dès la première écoute, ce blues du delta sent bon le bayou. Rien de révolutionnaire, certes, mais à la différence de Greta Van Fleet qui frôle la parodie de Led Zeppelin, le trio alsacien s’approprie cette musique et nous la fait partager avec inspiration et énergie, à la façon d’un Raconteurs français. Dès le premier morceau “Road Dawgs” on se lève, non pas pour se taper un yaourt, mais pour taper des mains avec eux sur ce gospel et chanter à leur côté avec notre plus belle chemise à carreaux sur les épaules. Les morceaux blues rock s’enchainent à merveille avec des riffs qui restent en tête (“Sunday Church”, “Shake It!”, “Hanging On A Oak Tree”, “Wild Animal”) et des ballades efficaces (“You’ve Got To Learn”, “By The River” et la très country “Last Call To Heaven”). Un retour aux sources qui s’achève par la bonus track bien nommée “Whiskey Song”. Entouré de sir Jim Jones en personne à la production, Dirty Deep nous livre un blues poisseux et ténébreux qui nous replonge avec bonheur dans les plus belles heures du blues du Delta. On aurait tort de s’en priver. Alain...

Lire la suite

Neil Young – Songs For Judy

Neil Young – Songs For Judy

Il est des artistes qui vous accompagnent tel un compagnon de voyage sur les chemins sinueux de votre vie. On s’approprie alors leurs chansons pour mieux nous relever ou profiter de notre bonheur. Malgré ma découverte tardive de son œuvre, le loner en fait partie.   Depuis plusieurs années il a la bonne idée de replonger dans ses archives pour nous faire découvrir ses trésors cachés. Après avoir dévoilé Hitchhiker, son album solo acoustique enregistré à Malibu en août 1976 et jamais édité avant l’année dernière, il sort de sa hotte en cette fin d’année un album live enregistré en novembre 1976. Il est alors en tournée éclair américaine avec le Crazy Horse, 12 villes en 24 jours et, appliquant le bon vieux dicton “on n’est jamais mieux servi que par soi-même”, il réalise lui-même ses premières parties en se présentant seul en acoustique avant de faire vrombir les décibels électriques de son cheval fou.   Ces premières parties seront enregistrées sur cassettes par Cameron Crowe et le photographe Joel Bernstein qui ont compilé les 22 meilleurs morceaux. Ces versions, connues des fans du Loner, se retrouvaient sous le manteau sur des cassettes pirates depuis 40 ans. Il était temps de les remasteriser et de les rendre publiques afin de découvrir ou redécouvrir ces morceaux à l’état brut en version live.   C’est un Neil bavard qui ouvre ce concert. Il raconte avoir croisé quelques heures avant Judy Garland, en robe rouge, d’où le titre et la pochette du disque. On retrouve bien évidemment des classiques de ses albums solos qui, en versions acoustiques, arracheraient une larme à Poutine (“After The Gold Rush”, “Tell Me Why”, “Mellow My Mind” au banjo et une surprenante version orgue/piano de “A Main Needs a Maid”), mais aussi “Mr Soul” qu’il jouait avec les Buffalo Springfield.   Il n’oublie pas son engagement en clamant “Even Richard Nixon has got soul” sur le refrain de “Campaigner” ou dédicaçant au fraichement élu Jimmy Carter “Here We Are In The Years”. On retrouve aussi de la session Hitchikker, inconnue alors du public, “Human Highway” et la magique “Pocahontas”, reprise 20 ans plus tard par Johnny Cash dans ses sessions American avec Rick Rubin, ainsi qu’un inédit “No One Seems To Know”.   Pour ceux qui connaissent déjà la magie d’écouter les versions lives de notre canadien préféré, pas de grandes nouveautés mais toujours un plaisir d’entendre son timbre si spécifique et sa voix à l’imperfection si émouvante qu’elle en devient parfaite. Pour les néophytes, ils entendront la face live acoustique de Neil et apprendrons que Harvest n’est pas son unique chef-d’œuvre avant de découvrir un jour, je l’espère pour eux, la face électrique de ce Dr...

Lire la suite