Kaviar Special – Vortex

Kaviar Special – Vortex

Avertissement de la rédaction : “Aucune plainte pour dépendance ne sera acceptée après la lecture de cet article, nous vous avons prévenus avant que vous ne vous lanciez dans l’écoute de cet album.” Après un second opus sobrement intitulé #2 sorti en 2016, les rennais ont sorti fin janvier dernier leur troisième LP, toujours sous l’excellent label français Howlin’ Babana Records affublé d’une magnifique pochette signée Valentin Pinel. Ici pas de chichi, un seul et unique maître mot : E.F.F.I.C.A.C.I.T.É. Les tubes Garage-Psyché-Surf s’enchainent sans vous laisser de répit pendant 40 minutes de pur plaisir auditif non dissimulé. De l’énergique “Run Away” qui ouvre l’album à “Scattered (All Around)” en passant par la bluesy “Back To School”, les rageuses “The Draugr” et “Busted” ou la planante “Roadhouse”, pas même le temps de lever votre gras du canapé pour prendre une binouze bien méritée dans le frigo. Vous serez emportés dans cette tempête sonique avec quelques sonorités qui vous rappelleront leurs inspirations (Thee Oh Sees, Ty Segall, Black Lips…) mais disséminées plus subtilement que sur leur précédent opus. Les influences ont été digérées et le groupe affirme plus fermement son identité sur ce disque. Tout est bon dans le Kaviar, les riffs sont accrocheurs et la rythmique prendra possession de votre corps quitte à vous retrouver seul au milieu de votre salon à faire du headbanging et du air guitar tel un ado boutonneux sous le regard ahuri de la voisine d’en face. On a hâte de vivre ces morceaux en live et de se déchainer joyeusement dans la fosse pour la release party au Point Ephémère (Paris) le 16 février prochain. Avec Vortex, Kaviar Special prend son envol et confirme qu’il est en train de devenir le groupe garage-psyché français de référence. Ce troisième album est la première grosse claque de l’année et c’est avec un certain plaisir masochiste que l’on tend l’autre joue. Alain...

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Quicksand – Interiors

Quicksand – Interiors

Comme chaque année, les différents classements des meilleurs albums sont tombés de tous les recoins du web en décembre dernier. C’est toujours l’occasion, entre autres, de découvrir des albums à côté desquels nous sommes passés. Pour ma part ce fut le cas de Quicksand qui se retrouve dans plusieurs tops et numéro 1 du classement New Noise. Je saute alors sur l’occasion pour découvrir ce groupe qui m’était inconnu jusqu’à ce jour. Quicksand est un groupe post-hardcore américain, originaire de New York. Alors que les scènes grunge et post hardcore explosent début 90 Quicksand reste dans l’ombre de Nirvana, The Smashing Pumkins, Tool mais aussi Rage Against The Machine dont ils feront des premières parties. Le manque de succès populaire aux yeux de leurs labels et les tensions au sein du groupe mèneront à leur séparation en 1995 puis en 1999, un an et demi après une vaine tentative de reformation. 22 ans après leur second LP Manic Compression, le groupe a sorti fin 2017 Interiors en revenant à sa formation d’origine. L’album se décompose en 3 actes séparés par des interludes. Dès le début la basse de Sergio Vega (remplaçant de Chi Cheng dans Deftones depuis 2008) et la batterie d’Alan Cage assènent leurs tempos gras et ravageurs (“Illuminant”, “Warm and Low”). La guitare se fait moins incisive qu’avant tout en gardant son efficacité. Le chant de Walter Schreifels est, quant à lui, plus en émotion tout en demeurant aussi rageur. Nous sommes donc en droit de nous poser l’éternelle question : “Serait-ce l’album de la maturité ?“, la réponse est OUI ! Le second acte le confirme avec des riffs qui restent en tête (“Cosmonauts”, “Hyperion”). Schreifels se rapproche de temps en temps du chant de Chino. Le duo Vega/Cage continue d’asséner sa rythmique toolienne. Cette seconde partie se termine par l’excellente “Feels Like A Weight Has Been Lifted” aux petits accents de Rage Against The Machine. “Sick Mind” ouvre le troisième et dernier acte en restant dans la continuité du reste de l’album avant de laisser place à “Normal Love”, plus groovy et posée qui clôt cet opus. Interiors mérite plusieurs écoutes afin de dévoiler toutes ses nuances. Plus subtil dans ses compositions et au niveau du chant, le Quicksand version 2017 n’a toutefois rien perdu de son efficacité avec un duo rythmique aussi dévastateur qu’Attila et ses Huns traversant votre salon. La qualité de leur production orchestrée par Will Tip, lui-même ancien batteur, y est pour beaucoup. La rage de Quicksand est toujours présente mais le groupe a su se renouveler et regarde désormais droit devant lui, plutôt que d’avoir les yeux rivés sur le rétroviseur. C’est ce qu’on appelle un coup de maître....

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OCS – Memory Of A Cut Off Head

OCS – Memory Of A Cut Off Head

On ne présente plus John Dwyer, mentor de la scène garage de San Francisco, créateur en 2003 du label indépendant Castle Face Records et leader des incontournables Thee Oh Sees. Après un nouvel album (Orc) des Thee Oh Sees (devenu Oh sees) cet été, notre cher John vient de ressusciter son projet folk OCS, muet depuis 2005. Il retrouve à cette occasion son ex-comparse des Thee Oh Sees, Brigid Dawson avec qui il n’avait plus travaillé depuis le génial Floating Coffin. C’est avec plaisir que l’on renoue avec leur chant à 2 voix qui se marient à merveille pour cet album intimiste aux accents baroques et 60’s. Loin du garage psyché des Oh Sees et de l’électro de Damaged Bug, John Dwyer évolue ici en mode intimiste avec guitare acoustique, clavier, violons, harpe et saxophone. Dès les premières notes et paroles de « Memory Of A Cut Off Head » (« Oh, what a day, I lost my body / A feast for beast and all mankind »), la thématique de cet album est plantée. John Dwyer nous dévoile magnifiquement sa facette folk en nous racontant la nostalgie d’une reine déchue qui, face à la foule venue assistée à ses derniers instants, se remémore ceux de son monde avant qu’il ne s’écroule. Au menu, de belles ballades comme « On And On Corridor » qui évoque l’amour perdu entre les deux têtes couronnées errant dans les couloirs de leur palais, ou « Neighbor To None », où la révolution gronde et arrive jusqu’à leur porte. Sur « The Fool », le souvenir d’un amour impossible, difficile de ne pas voir naitre une larme à la première écoute de la voix de Brigid. (« Everytime we say goodbye / I feel like a fool / Baby, baby what can we do? Everytime I close my eyes / I see you / Baby, baby, what do I have to do? ») On ne peut s’empêcher de penser aux Beatles en écoutant la magnifique « The Remote Viewer » avec son clavecin baroque et ses harmonies de voix ainsi que « Lift A Finger By The Garden Path » qui n’aurait pas déplu à McCartney. « Chopping Block » rend, quant à elle, hommage au « Space Oddity » de Bowie alors que cette reine imaginaire fait face à son bourreau et à la foule. Cet album dégage une atmosphère nostalgique avec des titres pop imparables (« The Remote Viewer » et « Chopping Block ») et d’autres moins essentiels comme l’instrumentale « Baron Sleeps And Dreams » ou « Time Tuner » mais vous l’aurez compris le bilan demeure largement positif. Memory Of A Cut Off Head est le 20ème album de John Dwyer en 20 ans, toutes formations confondues. On ne peut que rester admiratif devant un artiste aussi prolifique qui réussit à se renouveler loin...

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Birth Of Joy + Wonderflu + The Blind Suns : nos 5 ans en photos

Birth Of Joy + Wonderflu + The Blind Suns : nos 5 ans en photos

On ne pouvait pas rêver mieux. Ce fut une grande fête, le public était au rendez-vous, d’abord très enthousiaste puis littéralement déchainé. Les trois groupes, très complémentaires, ont chacun excellé à leur manière. La grâce et les mélodies sucrées de The Blind Suns, la nonchalance et l’énergie de Wonderflu puis la puissance dévastatrice de Birth Of Joy. Petit Bain s’en souviendra. Nous aussi. Nous n’oublierons jamais. Pour immortaliser cette soirée, en voici les plus beaux clichés signés Alain Dutertre.       LIRE L’INTERVIEW DE WONDERFLU LIRE L’INTERVIEW DE BIRTH OF...

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Sollomon Hollow – Sollomon Hollow EP

Sollomon Hollow – Sollomon Hollow EP

Nostalgique des vacances ou besoin d’évasion ? Nous avons la bande son idéale pour une petite virée en voiture. Artiste solo originaire de Petaluma en Californie, Sollomon Hollow a sorti son premier EP éponyme fin juillet. Il nous propose un format court post-grunge avec une production brute et épurée, tout en livrant des mélodies efficaces. Dès l’entame du disque, il nous emmène en ballade sur les routes californiennes avec « Joy ride ». Le voyage se poursuit avec « Cheese » et sa fin grungy, sa voix éraillée qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Kurt Cobain. Nous roulons ensuite tout en douceur avec « Young Skin » avant d’arriver à la perle de l’album « Reunion (Josh/Bay Street) », parfait condensé du talent de l’artiste écorché et de son sens de la mélodie. Arrivée à destination avec « Small Town Cops » teintée de pop music qui vient conclure ce premier EP très prometteur. Malgré quelques transitions abruptes cet EP a le charme d’un premier essai réussi, il ne reste plus à Sollomon Hollow de le confirmer avec ses prochaines compositions. Keep on rocking Sol’ AD Sollomon Hollow by Sollomon...

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