Neil Young – Songs For Judy

Neil Young – Songs For Judy

Il est des artistes qui vous accompagnent tel un compagnon de voyage sur les chemins sinueux de votre vie. On s’approprie alors leurs chansons pour mieux nous relever ou profiter de notre bonheur. Malgré ma découverte tardive de son œuvre, le loner en fait partie.   Depuis plusieurs années il a la bonne idée de replonger dans ses archives pour nous faire découvrir ses trésors cachés. Après avoir dévoilé Hitchhiker, son album solo acoustique enregistré à Malibu en août 1976 et jamais édité avant l’année dernière, il sort de sa hotte en cette fin d’année un album live enregistré en novembre 1976. Il est alors en tournée éclair américaine avec le Crazy Horse, 12 villes en 24 jours et, appliquant le bon vieux dicton “on n’est jamais mieux servi que par soi-même”, il réalise lui-même ses premières parties en se présentant seul en acoustique avant de faire vrombir les décibels électriques de son cheval fou.   Ces premières parties seront enregistrées sur cassettes par Cameron Crowe et le photographe Joel Bernstein qui ont compilé les 22 meilleurs morceaux. Ces versions, connues des fans du Loner, se retrouvaient sous le manteau sur des cassettes pirates depuis 40 ans. Il était temps de les remasteriser et de les rendre publiques afin de découvrir ou redécouvrir ces morceaux à l’état brut en version live.   C’est un Neil bavard qui ouvre ce concert. Il raconte avoir croisé quelques heures avant Judy Garland, en robe rouge, d’où le titre et la pochette du disque. On retrouve bien évidemment des classiques de ses albums solos qui, en versions acoustiques, arracheraient une larme à Poutine (“After The Gold Rush”, “Tell Me Why”, “Mellow My Mind” au banjo et une surprenante version orgue/piano de “A Main Needs a Maid”), mais aussi “Mr Soul” qu’il jouait avec les Buffalo Springfield.   Il n’oublie pas son engagement en clamant “Even Richard Nixon has got soul” sur le refrain de “Campaigner” ou dédicaçant au fraichement élu Jimmy Carter “Here We Are In The Years”. On retrouve aussi de la session Hitchikker, inconnue alors du public, “Human Highway” et la magique “Pocahontas”, reprise 20 ans plus tard par Johnny Cash dans ses sessions American avec Rick Rubin, ainsi qu’un inédit “No One Seems To Know”.   Pour ceux qui connaissent déjà la magie d’écouter les versions lives de notre canadien préféré, pas de grandes nouveautés mais toujours un plaisir d’entendre son timbre si spécifique et sa voix à l’imperfection si émouvante qu’elle en devient parfaite. Pour les néophytes, ils entendront la face live acoustique de Neil et apprendrons que Harvest n’est pas son unique chef-d’œuvre avant de découvrir un jour, je l’espère pour eux, la face électrique de ce Dr...

Lire la suite

Neil Young replonge dans ses archives

Neil Young replonge dans ses archives

A 72 ans le loner est toujours loin de prendre une retraite bien méritée dans son ranch. Le canadien vient d’annoncer la sortie d’une nouvelle archive, “Songs For Judy”, disponible en version digitale le 30 novembre et en vinyle le 14 décembre.Au programme, 22 titres extraits de ses premières parties acoustiques en solo qu’il effectua lors de sa tournée avec le Crazy Horse en 1976. Un seul titre inédit “No One Seems To Know” et de nombreux classiques issues de Harvest et After The Gold Rush. Le premier extrait, “Campaigner”, était déjà présent en version “studio” sur l’incontournable Hitchikker qu’il déterra l’année dernière. De quoi passer un bon hiver à côté de la cheminée en compagnie de tonton Neil. Tracklisting :01. Songs For Judy Intro (Atlanta, GA, Nov 24) 02. Too Far Gone (Boulder, CO, Nov 06) 03. No One Seems To Know (Boulder, CO, Nov 07) 04. Heart Of Gold (Fort Worth, TX, Nov 10) 05. White Line (Fort Worth, TX, Nov 10) 06. Love Is A Rose (Houston, TX, Nov 11) 07. After The Gold Rush (Houston, TX, Nov 11) 08. Human Highway (Madison, WI, Nov 14) 09. Tell Me Why (Chicago, IL, Nov 15) 10. Mr. Soul (New York, NY, Nov 20) 11. Mellow My Mind (New York, NY, Nov 20) 12. Give Me Strength (New York, NY, Nov 20) 13. Man Needs A Maid (New York, NY, Nov 20) 14. Roll Another Number (Boston, MA, Nov 22) 15. Journey Through The Past (Boston, MA, Nov 22) 16. Harvest (Boston, MA, Nov 22) 17. Campaigner (Boston, MA, Nov 22) 18. Old Laughing Lady (Atlanta, GA, Nov 24) 19. The Losing End (Atlanta, GA, Nov 24) 20. Here We Are In The Years (Atlanta, GA, Nov 24) 21. The Needle And The Damage Done (Atlanta, GA, Nov 24) 22. Pocahontas (Atlanta, GA, Nov 24) 23. Sugar Mountain (Atlanta, GA, Nov 24) Alain...

Lire la suite

SLIFT – La Planète Inexplorée

SLIFT – La Planète Inexplorée

Après son remarquable EP Space Is The Key sorti l’année dernière, le trio toulousain SLIFT revient ce vendredi avec son premier album La Planète Inexplorée. Dès le morceau d’ouverture, “Heavy Road”, on embarque dans le space opéra de SLIFT avec un garage-rock survolté fortement teinté de psychédélisme. En 40 minutes SLIFT nous fait découvrir sa planète inexplorée peuplée de spécimens des plus accueillants : riffs fuzzy, rythmiques soutenues et même apparition inattendue de parties de flûte. Le tout pour nous livrer ce qui pourrait être une bande son psychédélique d’une très bonne série B de Science Fiction. Les explorateurs des planètes Oh Sees, Ty Segall et autres King Gizzard & The Lizard Wizard ne voyageront pas en terre inconnue. Si à la première écoute “Heavy Road”, “Doppler Ganger” et “Fearless Eyes” se détachent immédiatement, les autres morceaux se dévoilent peu à peu au fil du temps. Signalons notamment la très cool “Trapezohedron” et son break sous acides ou l’instrumentale “La Planète Inexplorée” avec son intro heavy à souhait à la Black Sabbath et son riff qui pourrait être une chute de l’un des derniers Oh Sees. Dans la foulée du dernier Kaviar Special, eux aussi chez Howlin Banana Records, SLIFT nous montre que le rock psyché français peut bomber le torse tant il n’a pas grand chose à envier à celui de la côte ouest américaine. Avec ce premier album les toulousains transforment l’essai et confirment que l’on doit dorénavant compter sur eux. Reste à espérer qu’ils empruntent une trajectoire plus personnelle par la suite car malgré ses indéniables attraits cette Planète Inexplorée nous donnent parfois le sentiment qu’on l’a déjà foulée. Alain Dutertre LIRE LA CHRONIQUE DE KAVIAR SPECIAL – VORTEX LIRE LA CHRONIQUE DE KAVIAR SPECIAL – #2 LIRE LA CHRONIQUE DE VOLAGE – SITTIN’ SIDEWAYS LIRE LA CHRONIQUE DE VOLAGE – HEART HEALING LIRE LA CHRONIQUE DE THE MADCAPS – SLOW DOWN LIRE LA CHRONIQUE DE THE MADCAPS – HOT SAUCE LIRE LA CHRONIQUE DE THE MADCAPS – THE...

Lire la suite

Courtney Barnett – Tell Me How You Really Feel

Courtney Barnett – Tell Me How You Really Feel

Du haut de ses 29 ans, on peut dire que Courtney Barnett ne chôme pas. A 24 ans elle a opté pour l’indépendance en créant en 2012 son propre label Milk! Records sur lequel elle sort ses 2 premiers EP (I’ve Got A Friend Called Emily Ferris et How To Carve A Carrot Into A Rose). Elle éclate au grand jour en 2015 avec la sortie de son très bon album Sometimes I Sit and Think, and Sometimes I Just Sit, et devient alors la coqueluche féminine de l’indie rock. Après un décevant Lotta Sea Lice en collaboration avec Kurt Vile sorti l’année dernière, la jeune australienne revient cette année avec son second album solo enregistré en condition live à Melbourne. Dès le morceau d’ouverture “Hopefulness” elle lance avec une nonchalance slacker la thématique de l’album “No one’s born to hate/We learn it somewhere along the way”. Elle décline en 10 chansons le fruit de sa réflexion sur la frustration engendrée par la haine et la peur. Fidèle à elle-même, elle nous laisse entrevoir tout au long de ce disque ses différentes facettes. Indie rock sur “City Looks Pretty”, “Charity”, “Help Your Self”, mélancolique sur la merveilleuse “Need A Little Time” et plus énervée sur la cobainienne à souhait “I’m Not Mother, I’m Not Your Bitch” (tout est dit en 1’50, pas plus !). Rêve de jeunesse, après avoir fait les chœurs sur un titre du dernier album des Breeders, les sœurs Deal lui rendent la pareille sur “Nameless, Faceless” et “Crippling Self-Doubt And A General Lack Of Confidence”. L’album prend fin sur une note positive avec “Sunday Roast” : “I know you’re doing your best/I think you’re doing just fine.” Contrairement à ce qu’écrivent les autoproclamés “VRP du bon goût” qui démontent gratuitement un artiste dès qu’il fait la une de plusieurs magazines, cet album est une merveille de cool attitude. Certes, il ne restera pas dans les annales de la musique mais on prend plaisir à découvrir et réécouter ces instants de vie. N’est-ce pas là l’essentiel ? Allongez-vous et préparez-vous pour une une séance de 35 minutes durant laquelle le Dr Bartnett vous montrera la voie pour prendre la vie simplement sans prise de tête. Alain...

Lire la suite

Volage – Sittin’ Sideways

Volage – Sittin’ Sideways

Lorsque j’ai appris que Volage sortait un second album je me suis dis “ça peut être sympa, ils vont nous refaire le coup du Ty Segall à la française.” Le 1er single “Permanent Feeling” m’a vite confirmé cette impression de déjà vu comme aiment le dire nos amis d’Outre-Manche. C’est du garage maîtrisé qui pourrait être sur Manipulator de ce cher Ty. Puis, sort leur second single “Never Heal” et là ils font exploser mes préjugés sur ce nouvel album et me donnent plein d’espoir. Ce single est une merveille pop avec des arrangements piano cordes rappelant le meilleur de la pop anglaise des 60’s. Une fois ma curiosité attisée et à la demande de notre rédac’ chef de lui pondre un article, je décide de me jeter dans l’écoute de cet album. Récit. “Permanent Feeling”, dont nous avons déjà parlé, ouvre la première face dans la continuité de Heart Healing (premier album sorti il y a 4 ans tout de même). Puis vient “Sittin’ Sideways” qui donne à la fois son nom à l’album et annonce également sa touche pop empreinte de nostalgie. “Spleen” et “Whispers” reviennent sur des sentiers plus balisés et énergiques. Le premier, avec la participation de Nathan Roche du Villejuif Underground, martèle sa rythmique efficace digne d’un bon vieux Black Rebel Motorcycle Club. Le second, segallien à souhait (on n’oublie pas si facilement ses premiers amours), se distingue tout de même par son refrain soigné quand la fuzz s’efface au profit de la mélodie. La seconde partie de l’album confirme cette touche pop plus affirmée dans le garage de Volage. L’enjouée “Fever” se révèle parfaite pour un dimanche matin rempli d’insouciance, quand la folk “Handkerchief Waver” nous entraine au coin du feu. “Sally’s Code”, plus complexe qu’elle n’en a l’air, pourrait s’apparenter à une fusion entre un morceau des Doors et un refrain des Beach Boys. Osé, et réussi. “Never Heal”, quant à elle, clôt magnifiquement l’album. Un vrai tube pop qui donne le sourire telle la photo toutes dents dehors (signée Martin Parr) qui illustre l’album. Volage a grandi, Volage a mûri en s’éloignant de cette image de « faiseur » de garage-psyché (registre très encombré) pour trouver une identité garage-pop plus affirmée, et beaucoup plus prometteuse, dont on pouvait déjà percevoir les prémices sur Heart Healing, avec “Wait” ou “Love Is All”. La production est soignée avec de nombreux arrangements de cordes et piano. Les 4 gars de Touraine sont dans le vent et ont choisi une direction artistique qui leur va à merveille. Un bonheur. Alain Dutertre   LIRE LA CHRONIQUE DE VOLAGE – HEART...

Lire la suite