Aesop Rock – The Impossible Kid (Rhymesayers)

Publié par le 28 juillet 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

impossibleLa jeunesse du petit Ian Matthias Bavitz n’a pas dû être facile tous les jours. Imaginez un peu vous trimballer avec une voix ultra mécanique quasi robotisée et débiter les mots avant même que celui d’en face réalise que vous vous adressez à lui. Quelle pouvait être la réaction des gens ? D’abord la surprise puis la moquerie.

Mais le petit Ian, en devenant Aesop Rock, est devenu grand. Et en l’entendant rapper, quelle pouvait être la réaction des gens ? D’abord la surprise puis le respect. Car Aesop envoie du lourd, et ne fait plus rire personne. Depuis près de 20 ans maintenant. S’il n’est pas certain qu’il parviendra un jour à égaler l’énorme Labor Days (2001), les sorties à intervalles réguliers évitent avec une constance remarquable toute fausse note.

Il n’y avait donc aucune raison que The Impossible Kid ne remplisse pas à son tour le cahier des charges. Et devinez quoi ? Il n’y a là aucune mauvaise surprise à déplorer.

En deux singles parfaitement balancés (« Rings », « Blood Sandwich »), l’évidence éclate. Les mots cinglent, les beats butent. Derrière le micro, le sieur Rock excelle toujours dans son art de capter l’oreille dès les premières syllabes. Et d’aligner ces dernières façon rafales de Famas.

En outre, son flow particulier colle à merveille aux instrus qu’il s’est lui-même concoctées. On n’est jamais mieux servi que par soi-même paraît-il. En l’occurrence le bonhomme a le droit à un petit festin des rois, se régale et nous avec.

Percutant (« Dorks » labellisé Aesop), enthousiasmant (« Kirby » et son refrain à chanter en cœur), divertissant (« TUFF » qui rebondit sur les murs), intrigant (« Defender » et son ambiance SF soignée), dodelinant (« Lazy Eye » toute basse dehors), The Impossible Kid parvient à ne quasiment jamais nous perdre en route. Allez, une petite baisse de régime à déplorer : la trop synthétique « Water Tower ». Un morceau sur 15, avouez que c’est un ratio raisonnable.

Alors que bon nombre d’amoureux du genre gobent les yeux fermés tout ce que leur file à bouffer Kanye West, devenu icône marketing, ou le dernier petit nouveau porté au pinacle, il serait de bon ton de se rappeler qu’il reste aussi des bonhommes comme Aesop Rock qui n’ont jamais fait autant parler, n’ont même jamais été « en vogue » mais ne savent décidément faire que de la bonne musique.

JL

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