5 chansons, 5 disques par It It Anita

Publié par le 5 novembre 2018 dans 5 chansons, 5 disques, Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Lundi 12 novembre, It It Anita nous fera l’honneur de venir jouer au Klub pour notre soirée Exit Musik for a night, en compagnie d’Equipe de Foot et Emboe. A peine remis de la série d’uppercuts administrés par Laurent, on aura l’occasion de vérifier si sur scène les dégâts sont aussi importants, même si on a notre petite idée sur la question… Comme on aime bien connaître nos invités, on a échangé avec Michael Goffard, chanteur-guitariste du groupe, à propos de 5 chansons d’It It Anita choisies par nos soins, avant de l’écouter nous parler de 5 albums qui ont une grande valeur à ses yeux. Interview 5 chansons, 5 disques.

 

 

1 – Tacoma (It It Anita EP, 2014)

Un classique.

Toujours un classique de vos setlists aussi ?
On le joue beaucoup moins maintenant parce qu’avec le nouvel album on joue beaucoup de nouveaux morceaux et il ne fait pas toujours partie des vieux morceaux que l’on joue. On le joue encore mais ça devient un peu plus rare.

J’aime ces morceaux qui évoluent constamment et nous emmènent là où on n’imaginait pas. Vous aimez bien aussi je crois…
Oui et dans ce morceau y a vraiment des parties complètement différentes. C’est sans doute pas le plus simple à écouter mais c’est un de ceux que j’aime vraiment parmi les anciens.

Et il y a ce passage très math rock à mi-morceau. Comment ça vous est venu ?
C’est parti d’une sorte de jam en répète, notre ancien bassiste avait cette fibre math rock et structures plus compliquées. On a joué un jour ce truc-là en boucle, ça nous a mis en transe et on s’est dit « gardons-le sur le disque ! ». Ça amenait bien la partie de fin un peu plus criarde et on a adoré ce truc.

Finalement malgré le changement de line up que tu évoquais, je troue que ce morceau résume bien votre son. L’énergie, la mélodie, les changements de rythme très fréquents.
Oui, je pense que c’est un des morceaux les plus aboutis qu’on a faits. Beaucoup de nos influences sont regroupées dans ce morceau, c’est un bon condensé de It It Anita.

Et il y a ce pont où vous chantez d’ailleurs « we cross the bridge we’re safe ». Il colle super bien et j’ai presque l’impression qu’on pourrait le mettre au milieu d’autres morceaux qu’il passerait nickel aussi…
Oui je vois ce que tu veux dire. On voulait alterner ce côté orage et screamo avec un truc beaucoup plus calme et posé. J’aime vraiment les mélodies – tu le verras dans les disques que j’ai choisis -, la dissonance ça me parle beaucoup mais j’aime pouvoir me raccrocher à une mélodie, chanter un truc dans la tête.

 

2 – Templier (Recorded By John Agnello, 2015)





Tube imparable aussi !
Oui celui-là, on le joue toujours en live.

Quand vous faites un morceau comme celui-là vous pensez direct au rendu qu’il pourrait avoir en live ?
Là j’avais d’abord eu la mélodie en tête et le refrain. Je trouvais ça efficace et motivant. J’aimais bien le côté réponse des couplets également où on dit un mot chacun avec Damien (Aresta, l’autre guitariste-chanteur, ndr). Ça représente bien le côté face à face qu’on a sur scène avec les micros à 10-15 centimètres l’un de l’autre. Cet espèce de duel me parlait et j’aime toujours beaucoup le morceau.

J’aime beaucoup ce côté “ping pong” aussi. Tu avait déjà toutes les paroles en tête ou chacun a écrit ses parties ?
Non là c’était notamment avec notre ancien batteur et Chris à la basse, on a vraiment brainstormé plein de mots qui nous venaient en tête. Des mots qui n’ont pas beaucoup de sens mais qu’on pouvait crier. C’était plutôt un travail d’équipe et l’idée était d’avoir des mots qui fonctionnent bien ensemble.

Recorded By John Agnello, donc. Ça a dû vous faire quelque chose, j’imagine que vous étiez assez fans de ce qu’il a fait avant, vu les groupes qu’il a produits ?
Oui et le jour où on l’a vu débarquer à Liège, c’était assez drôle. On est allés manger ensemble au resto à Liège un soir d’hiver et on s’est dit « c’est marrant d’aller manger un morceau avec John Agnello ». Je crois que c’était son premier séjour en Belgique en plus. Le premier contact était déjà assez positif, c’est allé vite, il a débarqué dans le studio de Laurent, notre ingé son (qui a donné son nom au dernier album, ndr). C’est un truc inoubliable de bosser avec ce gars-là pour qui j’ai beaucoup de respect. C’était super de l’avoir avec nous.

Vous débutiez alors votre carrière, celle de It It Anita en tout cas. Vous étiez très à l’écoute de ses conseils, il vous a pris un peu sous son aile ?
C’était vraiment quelqu’un de très gentil, humble. Pas du tout le côté producteur américain qui vient avec des directives… Au début de la session, ce qu’il nous a dit c’était vraiment « have fun ! Amusez-vous ! Moi je ferai le reste. » Il était vraiment à l’écoute à 200%. C’est quelqu’un de foncièrement gentil, vraiment très cool.

 

3 – Jean-Marc (Jean-Marie) (Agaaiin, 2016)

Il suit « Parnsip », morceau très Mogwai tranquille et là vous envoyez du gros punk.
C’était un morceau à peine abouti, on l’avait jamais joué ensemble avant d’arriver au studio. Je l’avais sur mon ordi, dans mon Pro Tool. On s’est dit avec le batteur François qu’on allait essayer de le faire. On a passé deux heures à le jouer un matin et j’en suis content. C’est un morceau cool, efficace. Il y a moins côté Sonic Youth, plutôt Hot Snakes. On démarre, on fonce et on va jusqu’au bout sans se poser des questions. Un morceau hyper spontané, on a dû faire deux prises en live et il est tel quel sur disque. Je suis très content qu’il soit là.

C’est vrai que pour avoir pas mal écouté le dernier Hot Snakes, le parallèle avec certains de vos morceaux très punk m’avait frappé aussi.
Moi c’est un truc que j’ai vraiment beaucoup écouté, je suis très content qu’ils soient revenus et je vais d’ailleurs les voir dans un mois. Je me réjouis, je les ai jamais vus en live. Peu de gens les ont vus d’ailleurs, je crois qu’ils ont assez peu tourné en Europe. C’est un groupe qui m’a toujours marqué, la tension est incroyable, c’est dans le rouge du début à la fin. Je suis un très grand fan de Hot Snakes.

T’étais fan aussi de ce qu’il ont fait à côté comme Drive Like Jehu…
(Il m’interrompt) Ou Rocket From The Crypt, oui tout à fait !

Pour en revenir au morceau, décidément vous aimez bien mettre des prénoms comme titres de chansons ou d’albums !
Oui, Jean-Marc était le propriétaire des locaux où on répétait. C’était un gars assez particulier. Il pouvait être très gentil un jour et le lendemain nous gueuler dessus pour une porte ouverte ou un truc improbable du genre. C’était un petit clin d’œil à Jean-Marc. Quand on a commencé à enregistrer ce morceau à New York, John a lu un peu trop vite et l’a appelé Jean-Marie, ça nous a fait marrer donc on a gardé les deux prénoms pour le titre. On aime bien jouer sur le visuel des deux prénoms et répéter des lettres, des mots, c’est quelque chose qui nous parle.

C’est aussi parce que c’est toujours un casse-tête de trouver des noms de chansons ? Vous avez fait dans les noms de légumes aussi.
Oui au départ ça ne devait être que des noms de légumes et on n’était pas persuadé que ce soit une bonne idée, on a laissé tomber. On fait partie de ces groupes qui une fois qu’ils ont un titre provisoire le garde. Ça arrive souvent. Je mets toujours un titre à la con en rapport avec ma journée ou quelqu’un que j’ai croisé. Là sur le dernier, il y a des chansons dont le titre est plus en rapport avec le sens. Parce que les paroles sont toujours écrites vers la fin, comme pour beaucoup d’autres groupes.

 

4 – 11 (Laurent, 2018)

 

C’est un morceau sur les tueurs en série ?
Il y a quelques mois quand on tournait au Canada, pour passer le temps dans le van on avait mis des épisodes de Faites entrer l’accusé. On aime bien ce côté tueurs en série. Ça nous fait rire parfois, même si ce n’est pas toujours très drôle. Quand j’écrivais des paroles, j’ai repensé à cette émission qui parlait de Francis Heaulmes je crois. Le fait que ce gars avait tué 11 personnes… La chanson parle d’un gars qui prend des gens, les tue et se réveille en se disant « merde, qu’est-ce qu’il s’est passé ? », et qui recommence. Il y a des gens malheureusement déviants et qui, malgré leur bonne foi, peuvent toujours péter un câble à un moment. Ça passe bien le temps Faites entrer l’accusé quand on a des heures à tuer dans une camionnette ! Ça peut paraitre un peu ridicule mais c’est ce qu’on fait !

Sur l’intro j’ai toujours l’impression d’entendre « Feel Good Hit Of The Summer » de Queens Of The Stone Age. Vous l’aviez en tête aussi ou c’est moi qui délire ?
Non, nous aussi ! Au départ sur la maquette c’était pas du tout comme ça. On avait une batterie beaucoup plus carrée qui démarrait et quand on l’a répété une fois avec Brian au local – on a beaucoup répété batterie/guitare parce que c’était important que ça matche – et pour rire au départ on chantait « nicotine, valium, vicodin… ». Ouais c’est assez cool, un petit clin d’œil à un groupe assez culte maintenant, que moi j’ai moins écouté mais Elliott, notre bassiste qui est un peu plus jeune, est mega fan de Josh Homme et de tous ses projets. Après 10 secondes ça part vraiment sur tout autre chose donc ça me pose aucun problème d’avoir ce petit gimmick, qui est assez efficace aussi en live.

 

5 – Tanker 2, pt. 2 (Laurent, 2018)

 

Un morceau un peu à part dans votre discographie avec ce spoken word de Myriam Leroy. Comment s’est décidée et déroulée cette collaboration ?
Damien la connaissait. C’est un ami de Myriam depuis quelques années déjà. Moi quand j’ai écrit ce morceau, j’ai toujours voulu avoir un monologue, une histoire qui se raconte et je voulais que ce soit une femme qui parle en anglais ou français. Le français étant un peu plus fort je trouve. On avait deux ou trois personnes en tête et finalement on a appelé Myriam. Je pense que ça n’a pris qu’une après-midi. Elle avait carte blanche. Elle a reçu l’instru et nous a envoyé une voix quelques heures après. Ça a immédiatement collé, on était tous assez bluffés et très contents du truc parce que le décalage est vraiment intéressant. Dans cette période « balance ton porc », je trouvais ça intéressant d’avoir le contre pied de cette situation qui est importante mais…

… qui est sans doute allée trop loin dans l’ampleur médiatique.
Oui, je trouve qu’il y a une psychose dans plein de sujets de société, c’est un peu infernal. On ne sait plus très bien ce qu’on peut dire, si on doit la fermer, si on va choquer des gens… Quand on légifère sur tout, je crois que ça rend les gens un peu bêtes.

Et ce morceau est une suite logique à « Tanker 2, pt. 1 », qui pour le coup était assez stoner, on parlait de Queens Of The Stone Age avant… Là c’est d’un coup, beaucoup plus calme. Donc Myriam n’est pas partie de rien, elle a écrit une fois qu’elle avait la musique.
Tout à fait. Elle a vraiment fait ce qu’elle voulait avec son humeur du jour. Elle écrit assez bien et parle bien donc c’est assez agréable pour un groupe de recevoir ça et de se dire « c’est super ! ». Le contenu était inattendu et ça matchait parfaitement avec la musique donc on était contents.

J’imagine qu’il est plus compliqué à jouer en live celui-là.
Oui, on a joué quelques fois la fin sans la voix, c’est quand même moins fort. Là on ne sait pas très bien si on va lancer la voix en séquence… On aimerait avoir le même résultat que sur l’album, on va trouver quelque chose pour le faire. Et on va le faire !

 

5 disques

 

1 – Sonic Youth – Experimental Jet Set, Trash And No Star (Geffen, 1994)

Un des nombreux bons albums de Sonic Youth. Pour moi, c’est le meilleur celui-ci. Je ne sais pas s’il est plus écrit, peut-être pas, mais il y a des morceaux très forts niveau mélodique, que j’adore. Il est déstructuré et super structuré à la fois. Au début j’ai découvert Sonic Youth avec Dirty comme beaucoup de gens. Un super album mais un peu plus « facile », ce qui est bien pour faire écouter Sonic Youth à d’autres personnes parce que ce n’est pas toujours le groupe le plus simple pour rentrer dedans. Experimental Jet Set, je trouve que c’est vraiment un chef-d’œuvre. Je ne me lasserai jamais de ce disque.

Tu te souviens de quand tu l’as découvert ?
Je me suis retrouvé chez un petit disquaire pas loin de chez moi, qui avait plein de Sonic Youth dans un bac. J’en ai acheté 3 ou 4, dont celui-là. Et je l’ai usé ce CD, je l’ai adoré. (Il regarde l’année de sortie sur la pochette) 1994, voilà.

On sent dans votre son que vous avez été très marqué par la scène 90s et par Sonic Youth. Là on est justement dans la période devenue plus accessible pour ce groupe.
Oui, un peu moins intello. C’est aussi une période où j’écoutais beaucoup de musique, et je les écoutais à fond parce qu’il n’avait pas ce panel de trucs à écouter comme maintenant. Je n’ai rien contre Spotify, je trouve ça super, mais à l’époque j’avais peut-être deux disques par semaine à écouter et je les écoutais A FOND ! Ce qui est différent maintenant, où tu reçois des playlists de trucs à écouter. Au final, il y a des disques que je n’écoute même pas, c’est dur d’écouter des disques en entier maintenant. C’est pour ça que le retour au vinyle est une chose intéressante parce que tu ne peux pas passer de la 1 à la 5. J’écoute au moins une face en entier, et c’est intéressant.

Oui, moi je regrette parfois de ne plus acheter de disques « à l’aveuglette », sans le connaitre au préalable. C’est devenu très rare. Là, au moins, t’es arrivé chez le disquaire et tu ne connaissais pas vraiment.
Oui, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. C’est clair que ça n’arrive plus et c’est dommage.

Tu l’as donc racheté en vinyle ensuite !
Oui, récemment. Je rachète plein de trucs que j’ai déjà en CD. J’ai des caisses de CD dans la cave, je n’en fais plus rien. Un jour je serai content de les retrouver (rires).

Tu t’intéresses toujours à ce qu’ils font chacun en solo ?
Oui, je reste un grand fan de Thurston Moore. D’ailleurs son projet Chelsea Light Moving, il y a deux ou trois ans était vraiment super (nous on était un peu moins emballé, ndr). J’avais adoré ce côté un peu plus sale, plus lourd. Metal même par moments, c’était une bonne idée. C’est des gens qui m’ont marqué, c’est clair !

 

2 – Weezer – Weezer

Dans un style différent mais sorti la même année. Je vois vraiment ce disque comme une sorte de Beach Boys moderne, avec des mélodies imparables, et il sonne toujours très bien. Il n’a pas vieilli comme certains. Je me suis réécouté le double des Smashing il y a peu de temps, Mellon Collie (And The Infinite Sadness, ndr)…

Il est un peu long !
Oui, un peu long. Il y a des chansons que j’adore mais il a un côté un peu vieillot. Ça ne m’a pas étonné qu’il ait 25 ans. Le Weezer je l’ai beaucoup écouté avec des amis, c’est lié à des soirées d’étudiants, on le passait tout le temps. Il y a un gros côté nostalgie. Je le réécoute régulièrement et il est blindé de tubes. Je ne sais pas combien de singles il y a eu. C’est devenu rare aussi un disque qui a une telle durée de vie.

Tu le places donc au-dessus de Pinkerton ?
Non, je ne peux pas dire ça, je vais me faire taper sur les doigts. Pinkerton est plus dark. Le bleu je l’ai plus écouté. Allez, je me lance, je le mets au-dessus. J’ai écouté ce matin un nouveau single sur la page de Mowno. Le Black Album arrive, j’ai réécouté 20 secondes du morceau, c’était absolument terrifiant. Pourquoiii ??

T’aurais préféré qu’ils s’arrêtent plus tôt ?
Oui… Le vert, ça va je l’aime bien… J’ai l’impression qu’ils n’ont jamais été aussi gros qu’aujourd’hui, qu’ils remplissent des stades. Je suis allé les voir l’an passé à Cologne, en Allemagne, c’était une immense salle blindée de monde, avec évidemment beaucoup de quarantenaires. Ils surfent sans doute sur cette vague nostalgique, ça fonctionne en tout cas.

 

3 – Creedence Clearwater Revival – The 20 Greatest Hits

J’ai les albums en CD mais le best of est bien foutu. Je crois que c’est quand j’ai vu The Big Lebowski que j’ai pris la peine d’écouter ce groupe. Ça m’a plus servi de déclic que « Proud Mary » ou « Suzie Q ». C’est un groupe que je trouve vraiment super. On parle toujours des Beatles et des Stones… Moi je mets John Fogerty au même niveau qu’un Paul McCartney. Un mec qui a une voix et des mélodies assez dingues. Il y a quand même beaucoup de groupes qui s’en sont inspirés dans les années 2000. J’écoutais le premier Kings Of Leon récemment, c’est pareil que les Creedence ! Je suis très, très fan.

Et eux sont toujours très populaires tu crois ?
Je crois que John Fogerty tourne toujours. J’aimerais le voir avant qu’il meure. Je pense pas qu’il soit près de mourir mais il fait partie de ces deux ou trois mecs que j’aimerais voir avant qu’il ne soit plus là. S’il passe dans le coin, j’irai !

Même si c’est 95€ dans un stade…
C’est le problème oui, on arrive à des trucs abusés. J’adorerais aussi aller voir Springsteen mais mettre 100 balles pour un billet, c’est dur…

Je viens de prendre ma place pour McCartney. Autour de 70€.
Mais t’as raison ! J’aimerais aussi le voir avant qu’il meure. J’ai écouté son dernier disque, c’est encore cool.

 

4 – Pavement – Crooked Rain Crooked Rain

J’aime écouter des trucs quand tu te dis que ce ne sont pas des gens qui ont forcément appris à jouer, à chanter mais ils savent faire de la musique ensemble. Et je trouve ça hyper intéressant. Quand j’ai appris à jouer de la guitare, c’est avec des tablatures, guitar part etc. C’est quand même cool aussi de jouer des accords, des sons que d’autres ne jouent pas. Et à l’époque, tu ne pouvais pas aller voir sur le net comment les autres font. C’est assez intriguant. Y a des morceaux où je me dis « comment ils font pour faire ça ? Comment il fait pour chanter comme ça ? ».

Ou même penser à partir dans telle ou telle direction…
Tout à fait. Le gars un peu mélomane va dire « ouais mais ça joue faux, ça chante faux ». Mais non c’est juste un style à part, et cet album est bourré de tubes aussi. « Range Life », c’est ma préférée de Pavement, de loin. Un super bon disque ! Très, très chouette groupe !

Pavement,’ cest presque la définition de l’indie rock !
Oui, c’est ça. Une liberté totale de faire ce que tu veux mais en bossant quand même pour avoir un truc cool, sortir des sentiers battus. C’est clair ! Malkmus reste pour moi un génie, quand je le vois chanter, jouer, des trucs supers bizarres… C’est vraiment un gars qui me touche beaucoup.

Lui aussi, tu continues d’écouter ce qu’il sort en solo ?
Oui. J’ai un peu plus de mal, ça tourne parfois à la démonstration. Je n’ai pas du tout aimé certains disques. Mais s’il passe dans le coin, c’est toujours un plaisir d’aller voir ce gars-là.

 

5 – The New Year – The End Is Near

La crème de l’indie rock.

Yes ! Même le dernier, je l’ai adoré.
Moi aussi, je le trouve vraiment super. J’étais très content qu’ils refassent un disque. Même sans tournée, c’est un peu bizarre mais bon… J’aurais aimé les voir. Je les ai vus il y a très longtemps dans un petit café à Liège, ça m’avait bouleversé. Le morceau « Eighteen » de cet album est vraiment fantastique, un des meilleurs du monde. Même l’époque Bedhead avant ! Ils ont d’ailleurs fait un super coffret récemment avec tous les albums… Je trouve que les deux frères Kadane sont des génies sous-estimés par beaucoup de monde. C’est un album fantastique, hyper mélodieux, indie… Je le conseille à tout le monde cet album.

Ils ont peu d’équivalent, même s’ils font partie de la scène slowcore.
Oui c’est un peu un truc unique, un espèce d’ovni qui n’a jamais été énorme mais est un peu culte pour pas mal de gens. Et le dernier, comme tu dis, est vraiment super. Ça mériterait d’être un peu plus diffusé, plus vu. Ça pourrait intéresser du monde. Moi je verrais bien ça dans des musiques de films, des génériques. Ça habille parfaitement les paysages, j’adore ce groupe !

Et des supers voix !
Oui, supers voix, mélodies impeccables. J’aimerais les revoir en live un jour !
Voilà, c’était mes 5 disques. C’était dur à choisir mais au final je pense que ça résume assez bien mes goûts, je suis content du choix.

 

Entretien réalisé par Jonathan Lopez

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